Décidément, George Bush gardera un bien mauvais souvenir d’Irak, lui qui venait faire ses adieux de président. Ce jet de chaussures est passé instantanément à la postérité. Quel geste, et quelle image !
Alors on reconnaitra l’agilité du président américain, tant physique (beau réflexe sur le premier lancé, plutôt de la chance sur le second) que verbale (replacer l’action dans le contexte de la liberté). Un journaliste irakien le suit dans cette voie, en soulignant que du temps de Saddam, un tel geste aurait été tout simplement impensable.
Incroyable nuit de lundi à mardi à Antibes, avec une tempête comme je n’en avais pas connu depuis mes grandes heures en Pennsylvanie, lors de mon initiation (maintenant lointaine) aux hivers rugueux du nord-est des US.
Un mélange de grêle et de neige qui s’est abattu avec violence de manière très localisée sur la ville, et des rues particulièrement enneigées au matin, une première depuis 1990 parait-il !
De quoi prendre quelques clichés, dont celui-ci, insolite, de la voiture Google qui tourne dans le coin depuis plusieures semaines, les roues dans la neige et faisant face à la mer :
Keith Olbermann, dans un discours fort et émouvant, revient sur le vote de la proposition 8, contre le mariage gay en Californie (avec inscription dans la constitution de l’état), pour bien rappeler que le combat pour l’ouverture d’esprit n’est, malgré tout, pas encore gagné :
“Il ne s’agit pas de crier, et de faire de la politique, et ce n’est pas vraiment seulement à propos de la Prop-8. Et je n’ai pas un investissement personnel là-dedans : je ne suis pas gay, je dois forcer pour penser à un membre de même ma famille élargie qui le soit, je n’ai pas d’histoires personnelles d’amis ou de collègues luttant contre le préjudice qui imprègne encore leur vie.”
Point de vue de Paul Krugman, éditorialiste libéral du New York Times, au lendemain de la victoire d’Obama (tentative de traduction, si vous lisez l’anglais, préférez l’original) :
La nuit dernière, n’a pas seulement été une victoire de la tolérance, il ne s’agit pas seulement d’un mandat de changement progressiste, mais aussi, je l’espère, de la fin des années des monstres.
Un membre éminent du parti républicain, heureux de l’élection d’Obama ?
Arnold Schwarzenegger.
Dans une interview pour CNN, il confesse qu’il y a effectivement de l’ambiance chez lui, car sa femme, démocrate de longue date, exulte depuis mardi dernier, avec des “on a gagné, on a gagné”.
Avant de balancer : “Heureusement, je peux retourner dans la chambre à coucher, donc c’est un gros avantage”.
On peut toujours compter sur le gouverneur de Californie pour apporter juste la petite note de légèreté manquante…
Selon les sondages de sortie des urnes de CNN, c’est la leçon qu’on peut tirer du vote d’hier soir, contre le pan monochromique et vieillissant du camp d’en face :
Coup de chapeau tout personnel aux étudiants du campus de Pennstate, qui m’avaient déjà impressionnés il y a 4 ans. Aujourd’hui, ils font le tour du web avec cette vidéo réalisée à 7 heures du matin (!) devant le bureau de vote :
>> Over 1,000 Students Lined Up To Vote At Penn State (VIDEO)
Comment comptez-vous vous organiser pour suivre les résultats (web, TV, nuit blanche, décalage horaire…) ?
McCain joue de malchance. Son plombier préféré s’est définitivement discrédité avec un commentaire inadmissible, liant l’élection de Barack Obama avec la mort de l’état d’Israël.
Dans ce qui est la vidéo la plus marquante de toute la campagne pour moi, le journaliste qui réalise l’interview de Joe le Plombier, Smith Shepard, se sent même obligé de conclure avec une mise au point sur la position réelle du candidat démocrate. L’argumentaire du Joe étant en-dessous du 0 absolu et ne se rendant pas compte des graves implications de ce genre de propos. Shepard laisse même échapper une impression de véritable désespoir sur la marche de cette campagne :
Voilà donc 4 ans que ITU (Inside The USA, pour les intimes) existe.
Le blog est né dans l’urgence de témoigner sur un événement majeur vécu de l’intérieur, l’élection présidentielle de 2004, et l’envie de partager un peu, grâce à ce vecteur magique, de ma vie quotidienne au fin fond de la Pennsylvanie.
J’avais deux objectifs en tête : d’abord montrer qu’il existait une Amérique opposée à George Bush et à ses actions en relayant notamment les opinions glanées dans la rue, à la télévision et sur le web; et puis démontrer qu’on pouvait, malgré tout, bien vivre dans cette Amérique là, même en tant que français.
Demandant à la photographe si elle avait pris ses chaussures dans son cliché, Obama a alors ajouté qu’il les avait déjà fait resemeler une fois depuis son entrée en campagne un an auparavant (la photo date du mois de mars).
A voir : l’intégralité du reportage photo de Callie Shell pour Time.
Et puis aussi, tant qu’on y est, l’article de Joe Klein, “Pourquoi Obama est en train de gagner”.
>> Why obama is winning
Sa conclusion :
“He seems a grown-up, in a nation that badly needs some adult supervision.”
Sarah Palin l’a dit. Etre maire d’une petite ville, comme Wasilla en Alaska, vous prépare aux grandes responsabilités du pays, au milieu des bonnes gens. Elle va bousculer la capitale, c’est sûr, avec ce “petit plus” de la réalité terrienne.
Mais que fait réellement le maire de Wasilla (5 469 habitants au dernier recensement) ?
L’enquête, approfondie, du Daily Show, nous apprend qu’elle n’a pas de pompiers à gérer, pas d’écoles, et pas plus de services sociaux. A “great job” au quotidien, rempli de “vraies” responsabilités.
Un militant s’approche de la maison d’une femme à Washington, en Pennsylvanie. Il frappe à la porte. La femme répond. Il lui demande pour qui elle envisage de voter. Elle n’est pas sûre, elle doit demander à son mari. Le mari est dans une autre pièce, en train de regarder un match. Le démarcheur l’entend lui crier en retour, “Nous votons pour le négro !”.
La femme se retourne vers le démarcheur, et lui dit, appliquée et sûre d’elle : “Nous votons pour le négro…”
Plus connu sous la référence “Joe The Plumber” (Joe le plombier).
Il est la botte secrète de McCain, lors du dernier débat entre les deux candidats, utilisé comme un symbole pour les entrepreneurs américains qui vont subir les foudres de la taxation publique, si Barack Obama est élu. Un argument conservateur vieux comme le monde.
C’est un beau coup, il faut le reconnaître, du camp républicain, en vue de reprendre du terrain sur la question économique. La situation de crise actuelle, pour le moment coule la candidature du sénateur républicain. Reste à voir si le plombier américain rejoindra le plombier polonais dans la légende électorale…
J’ai vécu aux Etats-Unis, en Pennsylvanie sur le campus de Pennstate University, de janvier 2003 à novembre 2005. J’ai témoigné grâce à ce blog et vous invite à consulter les archives de cette période. De retour en France, je continue à m’intéresser à ce fabuleux pays.