Hier soir, George Bush a délivré son speech d’acceptance lors de la clôture de la convention des Républicains. Il est donc maintenant le candidat officiel de l’aile droite (”right wing”). Ok.
Mais son discours, comme d’habitude, s’il a touché le coeur de ses habituels électeurs, n’a été, à mon sens, qu’un condensé de ce qu’il clame depuis 3 ans. Il est incapable de faire une phrase sans parler du “september the eleventh” (le 11 septembre 2001, date des attaques contre les tours) et toute sa légitimité pour être de nouveau président se résume à la façon dont il a répondu à cet événement (parce que sur le plan économique…). La tactique est claire : il s’agit de décrédibiliser le candidat d’en face, et les républicains se sont acharnés sur les capacités de John Kerry en tant que “commander in chief” (commandant en chef). A tel point que, les trois premiers jours de la convention le nom de John Kerry a été plus prononcé que celui de Bush lui-même…
Bref, en tant qu’observateur extérieur (et neutre…hum), ces deux conventions (démocrate et républicaine) ont été très intéressantes à suivre. Le message des républicains m’apparait vraiment plus violent, plus fondé sur les attaques personnelles destructrices. Pas de remises en cause, pas de bilans de ces 4 années de présidence, ils agissent comme si ce poste leur était dû… Et la façon dont ils ont de parler du reste du monde (au fait, ça y est : le Moyen-Orient est libre et démocratique comme l’Europe de l’ouest en 45… j’ai dû rater un épisode) est assez effrayante. Les démocrates sont, eux, pris entre deux feux : critiquer le bilan d’un président en temps de guerre sans s’aliéner l’opinion publique et montrer les qualités nécessaires pour mener le pays dans ces mêmes temps de guerre… Ceci dit, le discours républicain est le plus simple à comprendre (et ils tiennent à être le plus simpliste possible) et est donc peut-être le plus efficace sur le plan politique. Nous verrons en novembre, en attendant les premiers sondages d’après-convention… Les deux mois qui viennent vont être intenses. Ca ressemble étrangement à la dernière campagne présidentielle en France avec la thématique de la violence qui avait éclipsée toutes les autres (et de loin !). Dommage pour le débat et les idées, et bravo à la “fine” stratégie du vainqueur. Puisque, tout ce qui compte à la fin, c’est de gagner, non ?