Bush à l’oral sur l’Irak
par Jerome ITU ~ 28/06/2005, 17:33 . Classé dans : Politique US .Le président va s’adresser à ses citoyens ce soir, en direct à la télévision à 20h (Est des USA).
Le discours aura lieu à Fort Bragg, une base militaire de Caroline du Nord, à l’occasion de l’anniversaire du transfert de souveraineté au gouvernement irakien.
George W. Bush doit donc annoncer son plan pour l’Irak et faire un point sur la situation et ses intentions. Le public de ce soir sera le premier intéressé, puisque composé des soldats et officiers de la base militaire. Et selon le porte-parole de la Maison Blanche, Scott McClellan, le président va dresser les grandes lignes de sa stratégie irakienne, avec de vraies révélations exclusives.
Extrait de la conférence de presse de Scott McClellan de lundi, repris sur le blog Daily Kos:
Q Scott, are there new details in the strategy for success? Is there a new direction, or is the President basically summing up what he has said before?
MR. McCLELLAN: As I said, this is a new speech. And the President will be talking in a very specific way about the strategy for succeeding in Iraq. And he will talk about the two-track strategy that we have in place. [...]
Q Well, I guess what I’m asking is, are people going to hear things they haven’t heard the President say before? Are there new details?
MR. McCLELLAN: I think many Americans have not heard much of what the President has to say tomorrow night. [...]
Q The question is, is there a new direction, though, or not?
MR. McCLELLAN: You’re going to hear from the President tomorrow night. I think we have a clear strategy for success. He’s going to be talking in a very specific way about what that strategy is. It’s an opportunity for the American people to hear about the strategy.
Q Isn’t the message really more patience? Isn’t that really what the President is going to be requesting, something he’s –
MR. McCLELLAN: Well, I think if you go back to September 11th — remember, on September 11th the threats of the 21st century were brought to our shores. We saw in a very clear way the threats that we face on that day. [...]
En attendant, je vous propose de débattre du sujet en commentaires de ce billet. Peut-être même ferai-je du live-blogging pendant le discours lui-même (si je ne suis pas dehors pour essayer de socialiser avec mes congénères humains, autour d’une bière bien fraîche – histoire de survivre à la canicule ambiante).
Et pour vous faire patienter, je vous propose deux liens intéressants sur le sujet :
- Un sérieux qui pose les attentes des américains envers leur président et son leadership. Une opinion écrite par… John Kerry, dans le New York Times du jour :
The Speech the President Should Give (“le discours que le président devrait donner”… Ah John… Encore des ambitions ?) - Un humouristique (encore que), une préversion du texte qui sera lu par Bush ce soir. Enfin, une parodie quoi, à voir chez Daily Kos : Bush’s Speech Leaked! Read the Text Here!
Pour les français de France et tous ceux qui n’ont pas accès à la télévision américaine, je suppose que la conférence sera retransmise en direct sur le site web de C-Span :
c-span.org.
Avis aux amateurs… à 2h du mat’, heure française.
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Mise à jour :
Transcript complet du discours de Bush :
President Bush’s Fort Bragg speech
Mise à jour 2 :
La première salve d’applaudissement à mi-discours a été provoquée par des membres de la Maison Blanche assis aux premiers rangs. Americablog le rapporte citant la journaliste de ABC qui a décrit la scène lors de son intervention post-discours. Et effectivement, je l’ai entendu moi aussi cette journaliste, puisque ABC était la seule grande chaine à proposer une analyse prolongée, juste après le discours. Mise en scène…
Mise à jour 3 :
La réponse de Harry Reid le leader des démocrates au Sénat (vu sur Daily Kos).
“Tonight’s address offered the President an excellent opportunity to level with the American people about the current situation in Iraq, put forth a path for success, and provide the means to assess our progress. Unfortunately he fell short on all counts.
“There is a growing feeling among the American people that the President’s Iraq policy is adrift, disconnected from the reality on the ground and in need of major mid-course corrections. “Staying the course,” as the President advocates, is neither sustainable nor likely to lead to the success we all seek.
“The President’s numerous references to September 11th did not provide a way forward in Iraq, they only served to remind the American people that our most dangerous enemy, namely Osama bin Laden, is still on the loose and Al Qaeda remains capable of doing this nation great harm nearly four years after it attacked America.
“Democrats stand united and committed to seeing that we achieve success in Iraq and provide our troops, their families, and our veterans everything they need and deserve for their sacrifices for our nation. The stakes are too high, and failure in Iraq cannot be an option. Success is only possible if the President significantly alters his current course. That requires the President to work with Congress and finally begin to speak openly and honestly with our troops and the American people about the difficult road ahead.
“Our troops and their families deserve no less.”
Il critique le manque d’information du discours : pas de révélations sur la situation actuelle (encore qu’on peut quand même donner du crédit à Bush pour s’être montré bien moins enthousiaste que Cheney ou Rumsfeld sur celle-ci), pas de claire stratégie pour le succès, et pas de grille de lecture pour mesurer les progrès accomplis.
Il reproche aussi à Bush le parallèle, encore utilisé abondamment ce soir, au sujet des attentats de 2001 et l’Irak. Les tout derniers sondages le montrent (cf Washington Post du jour, critique par le St Louis Independant), les américains n’y croient plus majoritairement. Et Ben Laden court toujours.
Enfin, il assure les troupes et leurs familles du soutien des démocrates. Leur promettant l’obtention de tout ce qu’ils ont besoin en regard de leur sacrifice. Référence à peine voilée aux difficultés qu’ont les militaires, de retour du front, à collecter leurs bénéfices sociaux, pourtant promis à leur départ.
Mise à jour 4 :
Vu sur Think Progress, un groupe de pensée libéral (donc de gauche)
References to “September 11″: 5
References to “weapons of mass destruction”: 0
References to “freedom”: 21
References to “exit strategy”: 0
References to “Saddam Hussein”: 2
References to “Osama Bin Laden”: 2
References to “a mistake”: 1 (setting a timetable for withdrawal)
References to “mission”: 11
References to “mission accomplished”: 0
Effectivement, comme souligné précédemment, George W. Bush a encore une fois réutilisé le prétexte des attentats de 2001 pour justifier cette campagne. Les blogs de gauche lui reproche aussi d’utiliser systématiquement (ainsi que son administration) le mot terroriste pour parler des “rebelles” irakiens. De même l’administration Bush tend à insister sur le fait que la plupart de ces combattants sont d’origine étrangère.
En tout cas, le discours le discours fait étrangement écho au fameux “mission accomplie”, prononcé il y a deux ans maintenant.
Mise à jour 5 :
Think Progress encore, sur les propositions de Bush.
Bush: “To further prepare Iraqi forces to fight the enemy on their own, we are taking three new steps: First, we are partnering Coalition units with Iraqi units… Second, we are embedding Coalition ‘Transition Teams’ inside Iraqi units… Third, we are working with the Iraqi Ministries of Interior and Defense to improve their capabilities to coordinate anti-terrorist operations.”
George W. Bush n’a rien proposé de nouveau et a plutôt fait du recyclage avec de l’ancien dans ses trois étapes pour préparer les forces armées irakiennes au combat : des unités de la Coalition vont en mission avec des unités irakiennes, des “équipes de transition” de la Coalition sont inclues dans des unités irakiennes et 3, les américains travaillent avec le gouvernement irakien pour améliorer leur capacité à coordonner les opérations anti-terrorisme. Non, rien de neuf.
Mise à jour 6 :
Réaction du New York Times, édito de ce mercredi, “President Bush’s Speech About Iraq“.
We did not expect Mr. Bush would apologize for the misinformation that helped lead us into this war, or for the catastrophic mistakes his team made in running the military operation. But we had hoped he would resist the temptation to raise the bloody flag of 9/11 over and over again to justify a war in a country that had nothing whatsoever to do with the terrorist attacks. We had hoped that he would seize the moment to tell the nation how he will define victory, and to give Americans a specific sense of how he intends to reach that goal – beyond repeating the same wishful scenario that he has been describing since the invasion.
Sadly, Mr. Bush wasted his opportunity last night, giving a speech that only answered questions no one was asking. He told the nation, again and again, that a stable and democratic Iraq would be worth American sacrifices, while the nation was wondering whether American sacrifices could actually produce a stable and democratic Iraq.
Nous ne nous attendions pas à ce que Mr Bush s’excuse pour la désinformation qui nous a mené dans cette guerre, ou pour les erreurs catastrophiques de son équipe dans la gestion des opérations militaires. Mais nous espérions qu’il résisterait à la tentation de hisser le drapeau ensanglanté des attentats du 9 septembre 2001, encore et encore, pour justifier la guerre dans un pays qui n’a rien à voir avec ces attaques terroristes. Nous espérions qu’il saisirait le moment pour dire à la nation comment il définit la victoire, et qu’il donnerait aux américains un sens précis à comment il entend atteindre ce but – au-delà de répéter le même scénario plein d’espérances qu’il décrit depuis le début de l’invasion.
Tristement, Mr Bush a gâché son opportunité la nuit dernière, prononçant un discours qui a seulement répondu à des questions que personne ne posait. Il a dit à la nation, encore et encore, qu’une Irak démocratique valait les sacrifices des américains, quand la nation est en train de se demander si les sacrifices américains pouvaient réellement produire une Irak stable et démocratique.
Mise à jour 7 :
Bush a demandé un effort spécial de la part de tous les américains pour les troupes, que ce soient par des dons ou des courriers de soutien, pour la fête nationale du 4 juillet.
Il a aussi cité un site web, en charge de gérer le soutien national :
“America Supports You (our military men and women)”
Mise à jour 8 :
Le Washington Post a aussi un éditorial assez dur sur l’intervention du président, “Mr. Bush on Iraq“. D’après Americablog, ce journal est plutôt connu pour ses positions pro-Bush, voire néo-conservatrices. Aie aie aie.
Mr. Bush didn’t explain how a war meant to remove a tyrant believed to wield weapons of mass destruction turned into a fight against Muslim militants, a transformation caused in part by his administration’s many errors since Saddam Hussein’s defeat more than two years ago. The president also didn’t speak candidly enough about the primary mission the United States now has in Iraq, which is not “hunting down the terrorists” but constructing a stable government in spite of Iraq’s sectarian divisions and violent resistance from the former ruling elite. It’s harder to explain why Americans should die in such a complex and ambitious enterprise than in a fight with international terrorists, but that is the case Mr. Bush most needs to make.
Mr Bush n’a pas expliqué comment une guerre menée pour déposer un tyran supposé détenir des armes de destruction massive s’est transformée en un combat contre des militants islamistes, transformation causée en partie par les nombreuses erreurs de son administration depuis la défaite de Saddam Hussein, il y a plus de deux ans. Le président n’a pas non plus parlé suffisamment de la mission prinicpale que les Etats-Unis ont maintenant en Irak, qui n’est pas de “chasser et éliminer les terroristes” mais de construire un gouvernement irakien stable malgré les divisions sectaires irakiennes et la résistance violente de l’ancienne élite dirigeante. C’est plus difficile à expliquer pourquoi les américains devraient mourir dans une entreprise si complexe et si ambigüe, plutôt que dans un combat contre les terroristes internationaux mais c’est ce que Mr Bush doit faire.
Once again, however, the president missed an opportunity to fully level with Americans, even though some of the hard truths he elided have been spelled out by his aides and senior military commanders. The insurgency, they have said, is not growing weaker; most likely, said Defense Secretary Donald H. Rumsfeld, it will never be defeated by American troops, and it will continue for many more years.
Une fois de plus, cependant, le président a manqué une opportunité de complètement connecter avec les américains, alors que, malgré tout, quelques-unes des difficiles vérités qu’il a évité ont été énoncées à haute voix par ses conseillers et l’état major militaire. L’insurrection, ont-ils dit, n’est pas en train de devenir plus faible; plus réellement, a dit Donald Rumsfeld, elle ne sera jamais vaincue par les troupes américaines, et elle continuera pendant de nombreuses années.
Mise à jour 9 :
Humour… Il semble que l’AP ait publié un compte-rendu du discours… avant que celui-ci n’ait eu lieu. La journaliste se serait donc basée sur le document fourni par la Maison Blanche, avant le début de l’intervention du président Bush. L’histoire circule chez Michelle Makin et Powerline, deux blogs (hautement) conservateurs.
Mise à jour 9 :
Ce qui nous amène aux réaction des supporters de George Bush. Très positives, évidemment.
834pm EST. Real-time reaction. Just finished watching the speech with my kids. Good speech. Important messages:
-We’re winning.
-We have more work to do.
-America is grateful to the troops…and so is the commander-in-chief.
Powerline : Excellent Speech
Clear, confident, substantive. There was nothing in it that we and our readers didn’t already know, but the message is one that many rarely hear. And the networks all carried it after all. That’s good; President Bush nearly always does well when people see him, instead of seeing Democrats talking about him, as they will on the evening news.
Pollpundit : Excellent Speech.
I agree with Mort Kondracke that tonight’s was one of George Bush’s best speeches. (Transcript here.) It was clear and concise, and obviously heartfelt. The President made a strong, if familiar, case for the importance of the Iraq War to the general war on terror. He also made a good case for the contention that we are making progress and we will prevail.
Je vous laisse surfer pour trouver les réactions sur LGF.
Moi, Morphée m’attend…







28/06/05 à 18:21
Il y a fort à parier que ta coiffeuse sera devant son poste de TV ;)
28/06/05 à 20:18
2h16
Il vient de citer la Pologne mais ça ne concerne pas les plombier polonais :)
28/06/05 à 20:32
J’aime bien la musique de fanfares à la fin du discours, n’est ce pas un peu trop, surtout par rapport au sujet évoqué? :)
28/06/05 à 20:37
Cymbales, trompettes, tambours… allez c’est la fête, ah mais, où sont les pom pom girls? 8)
28/06/05 à 21:23
Même si on ne le voit pas c’est intéressant d’entendre la voix du peuple, en direct à la TV, après le discours de leur président.
En France c’est plutôt les politiques ou rien, reste la radio…
Un américain de New York a fait remaquer que contrairement à ce que vient de dire, une fois de plus, Bush Jr dans son discours, il n’y avait pas de connection entre la guerre en Irak et la catastrophe du 11 Septembre.
Moins drôle, une femme (probablement black) qui appelait d’Alabama était en sanglots; je n’ai pas très bien comprit ce qu’elle disait mais soit elle a perdu un enfant là bas soit elle voulait que les ‘enfants’ de la chère patrie rentrent chez eux…
Bref si G.W. Bush pense qu’il va remonter dans les sondages avec son discours, humm franchement j’ai des doutes…
Surtout quand on entend Donald Rumsfeld dire “Je m’attends à voir une escalade de la violence entre maintenant et les élections de décembre”, a déclaré ce dernier dimanche, ajoutant que “les insurrections ont tendance à durer cinq, six, huit, dix, voire douze ans”
28/06/05 à 22:31
Effectivement, rien de nouveau et surtout, rien de concret dans le discours de ce soir, peu ambitieux. Toujours du flou quant à la réelle stratégie en Irak pour les Etats-Unis. A part le fait que quand les irakiens seront en mesure de gérer leur sécurité, les Etats-Unis commenceront à se retirer…
Décevant.
C’était juste une parade du président pour requinquer le moral des troupes (enfin, de tous les américains quoi). Voir à cet effet la mise en scène devant un parterre de militaires.
Bon, les démocrates et les journalistes vont avoir la partie belle pour les critiques.
Allez, la tournée du web est pour moi !
28/06/05 à 23:27
Ici, en Californie du sud, il existe une communaute de 30 000 Irakiens qui ont fui le regime de Saddam Hussein. Vous n’avez aucune idee de leur joie quand son regime est tombe. De quoi s’interroger sur les idees des gens de gauche qui n’ont jamais mis les pieds la-bas.
28/06/05 à 23:48
Bentley,
On peut supporter le combat (puisque ce n’est pas une guerre) contre le terrorisme et rester critique de la gestion de l’administration Bush, non ?
Et les critiques ne sont plus l’apanage de la gauche maintenant. Regardez l’attitude de nombre d’élus républicains…
Reconnaitre que les WMD étaient un mauvais prétexte (si ce n’est un mensonge d’état). Que l’insurrection a été largement sous-estimée. Que l’armée est partie là-bas en sous-effectif et en sous-équipement, que l’administration a été bien lente à répondre à ces problèmes logistiques, etc…
Rumsfeld lui même a dit avoir offert sa démission à 2 reprises. Ce n’est pas rien quand même. Il serait dommage de retomber dans l’inepte argument du non-patriotisme des critiques.
Comme on peut aussi déplorer la reluctance à organiser la formation des forces de sécurités irakiennes hors de l’Irak (comme la France par exemple l’a proposé).
29/06/05 à 04:09
Merci beaucoup pour ce résumé des réactions américaines. C’est assez frappant le décalage entre la conférence de presse et le discours de Bush. On est passé de “c’est tout beau, tout neuf” à “on continue comme avant, regardez ça marche…presque”.
Si Bush a tant de mal à parler de sa stratégie en Irak, c’est peut-être bien parce qu’il n’en a pas. Ils sont allés là-bas en libérateur, apportant la démocratie dans leur musette. Finalement, en quelques mois après la “missions accomplie”, la guerre commençait vraiment. Une guérilla meurtrière et très difficile à combattre. Ce n’est pas avec ce discours que Bush va modifier la perception de cette “victoire” chez lui (enfin je crois).
Essayer de toujours faire le parallèle entre le 09/11 et l’Irak est une façon de tenter de justifier la présence américaine en Irak et aussi l’intervention en Irak. A défaut d’ADM, ils ont fait tomber un régime dangereux pour les Etats-Unis…Il faut bien trouver quelque chose de toute façon même si ce n’est pas très crédible.
Par contre il a raison sur un point. On ne peut pas décider arbitrairement d’un calendrier de sortie. Si les Américains s’en allait maintenant le pays serait à feu et à sang (bon d’accord ça ne change pas beaucoup mais bon). Adieu la belle stabilité recherchée. Pour s’en sortir, il faut que les Irakiens fassent la loi chez eux. Il faut donc qu’il y ait une force de police suffisante et surtout une organisation politique légitime pour piloter celle-ci. Il n’y a aucune raison de ne pas former les irakiens hors d’Irak, si ce n’est de ne pas vouloir de l’aide des pays qui étaient contre cette guerre.
Il faudra bien trouver un moyen d’en finir mais ce sera long et difficile. D’après les “experts”, les guérillas durent en moyenne 10~15 ans.
Allez courage les gars, c’est que le début.
D’ailleurs je me pose une question. Existe-t-il des exemples où des guérillas de grande ampleur ont pu être vaincues?
29/06/05 à 04:34
La route est droite mais la pente est rude
Essayer de toujours faire le parallle entre le 09/11 et l?Irak est une faon de tenter de justifier la prsence amricaine en Irak et aussi l?intervention en Irak. A dfaut d?ADM, ils ont fait tomber un rgime dangereux pour les…
29/06/05 à 08:37
Quark,
“…Existe-t-il des exemples où des guérillas de grande ampleur ont pu être vaincues?”
Hum, je pense oui, Kosovo, Afghanistan pour les plus recentes, ou encore les Kurdes en Irak du Nord.
Entre les années 60 et 80 les guerrilas en Ameriques du Sud, qui ont destabilisés mais la plus part furent exterminées.
Pour les USA, il y a eu pendant la guerre de secession, dans le Missouri ou le Kansas des guerrilas, qui ont disparus elles aussi…
Bref oui ça arrive…
29/06/05 à 08:46
Jerome,
Bien sur que l’on peut critiquer a tout loisir, c’est un privilege que tous n’ont pas.
Ayant rencontre des Irakiens, je me concentre plus sur le fond que sur la forme, la chute de saddam hussein etait une bonne chose.
Et de quel droit un Jacques Chirac ose t’il pretendre que ‘ces gens la ne sont pas murs pour la democratie’? Ils ne sont pas tres differents de vous et moi, rien de tel qu’un contact personnel pour remettre les choses en perspective.
29/06/05 à 09:09
Well Bentley,
Je pense que maintenant on peut “move on” et que tout ce délire d’avant-guerre doit être laissé maintenant aux historiens.
Je serais d’accord sur un point, à l’image de la déclaration de l’UE, les pays européens qui ne l’ont pas encore fait doivent se bouger pour aider, sous quelque forme que ce soit. On ne peut laisser la situation dégénérer et s’en frotter les mains… Les irakiens ont besoin d’aide et nos alliés américains aussi.
Quark, Jean-Philippe,
Le problème en Irak, c’est que je ne pense pas qu’on ait déjà une guerilla de cette ampleur. La première des mission des américains doit être de sécuriser les frontières à tout prix pour éviter l’afflux des combattants étrangers.
Et malheureusement, ce n’est pas de leur unique ressort, ça dépend de l’attitude des voisins irakiens. Lesquels ont, à l’inverse, tout intérêt à ce que le chaos reste en l’état et – surtout – à ce que le processus démocratique échoue (cf Iran)…
Je suis persuadé, en revanche, que la non-communication d’un plan de route et d’une estimation de la durée des opérations va à l’encontre des intérêts de Bush. Il doit dire, c’est son rôle, s’il pense (et son état-major avec lui, of course) que cette guerre va dura 2 (raté), 5, 10, ou 20 ans. Mais, au moins tenir les américains vraiment informés, parce que là c’est sérieux. Et sans ce timing, plus la situation va s’enliser, plus l’opinion publique sera défavorable au conflit. Alors que si cette opinion est “préparée” avant, elle sera plus prête à accepter la longueur des opérations et surtout, elle sera plus en phase avec son président, car elle saura qu’il lui dit la vérité (enfin).
29/06/05 à 09:25
Jerome, Bentley,
Faut il vraimment un arguement valable pour faire une guerre ? Comme la guerre en Irak ? j’ai presque envie de dire… bof non.. La région est truffée de dictature, de victimes et d’oppressions. rien de bien neuf.
Les consequences on va les voir a 20 ou 30 ans, à moins qu’un truc explose vraimment aux US, mais bon je fais assez confiance aux militaires pour faire leurs Job, en fonction des interets americains (c’est la tendance actuelle).
Bon bien sur je prefererais voir 300 Milliards de $ (le budgets militaires americains) depensé en aide humanitaire, mais je crois que tout le monde n’est pas pret a vivre dans un monde à la Startrek, et c’est bien domage…
29/06/05 à 10:18
Lorsque je parlais de guérillas, je voulais parler d’action très localisé faites par de petits groupes. Avec un mode d’action très rapide, une attaque et on se replie. Au Kosovo, c’était une “vraie” guerre pour moi. Des affrontements durables entre les troupes.
Mais bon, ok, on peut réussir à en venir à bout.
Tous les pays devraient s’unir pour apporter leur aide à l’Irak. Il faudrait oublier le début de cette guerre et se concentrer sur le présent. Le problème, c’est que les pays opposés à cette guerre ne veulent pas donner l’impression de revenir sur leur position de départ. D’où la proposition de formation hors Irak.
Dire que la “pacification” prendra 5/10/15 ans, d’accord mais pas dire que les troupes quittent l’Irak le 23 mai à 21H45…Un truc flou avec une échéance probable mais révisable en fonction de la situation.
29/06/05 à 14:38
Bentley,
ce n’est pas aux 30.000 irakiens expatriés en Californie qu’il faut demander si ils sont contents de voir Sadam derrière les barreaux, leur réponse sera sans appel en faveur du oui (c’est on ne peut plus logique), mais plutôt aux irakiens encore sur leurs terres et qui ont des membres de leur familles tués tous les jours à cause des attentats.
A quoi bon enlever un didacteur si la situation reste au final la même où pire, s’aggrave?
Le triste constat à l’heure actuelle c’est qu’avant, en Irak, on avait des irakiens qui tombaient sous les balles d’un didacteur et qu’aujourd’hui ce sont des irakiens ET des américains qui meurent sur cette même terre…
Il serait intéressant justement de les sonder aujourd’hui et de comparer ce même sondage dans quelques années si la situation ne change pas, ce qui est malheureusement probable; surtout si certaines nations aux côtés des américains décident de quitter le navire en perdition, les gouvernements changent et les propos de D.Rumsfeld n’ont pas lieu à rassurer leur alliés.
Bien sûr que c’est bon point de voir le clan Sadam en perdition, bien sûr qu’il y a des irakiens statisfaient mais il est encore bien trop tôt pour se réjouir de cette opération, attendons de voir si au final cela valait vraiment le coup autrement que pour le pétrole…
Sinon au sujet de mon mini compte rendu, j’ai oublié de préciser que des téléspectateurs ont également appelés pour montrer leurs satisfactions suite à ce discours; forcément Bush Jr n’a pas été élu que par le Saint-Esprit ;)
30/06/05 à 23:43
Xs,
La dernière controverse sur Bill O’Reilly et son interprétation érronée de la bonne opinion des américains sur ce speech, va t’intéresser (chez Media Matters) :
>> Citing meaningless Gallup poll, O’Reilly deceptively claimed that 74 percent of Americans liked Bush’s speech
Fidèle à lui-même, le Bill…
01/07/05 à 14:06
Dans l’art de manipuler les chiffres…
Je ne connais pas vraiment le personnage mais je pense qu’il doit avoir une étiquette pro Bush et qu’il est républicain, non?
Ou alors c’est un comique et il a inspiré Roba pour la création de Boule et Bill? :)
De toute façon on verra bien au prochain sondage mais ça m’étonnerait que soudainement 74% de la population est de nouveau d’accord avec la politique de Bush Jr en Irak :)
05/07/05 à 11:05
L’excellent et indispensable site factcheck.org a une analyse du discours de Bush :
Bush’s Iraq Speech: Long On Assertion, Short On Facts.
Factcheck.org se présente comme une structure impartiale qui décortique l’actualité politique américaine. On peut donc les lire, ils tapent allégrement des deux côtés de l’échiquier.