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Gettysburg, 1ère partie

par Jerome ITU ~ 05/07/2005, 16:58 . Classé dans : Culture US, Jours fériés et fêtes, Tourisme, Vie d'expat .

Gettysburg Civil War Battle Reenactment“.

La bataille de Gettysburg, la plus sanglante de toute la Guerre de Sécession, se rejoue chaque année dans les champs ayant vu 170 000 soldats s’affronter en juillet 1863.

Un spectacle immense et une page importante des Etats-Unis, à quelques 2 heures de route de ma petite ville de State College. Plus de 20 000 acteurs participent à cet événement, chacun prenant son rôle particulièrement à coeur. D’ailleurs la frontière entre reconstitution et réalité est parfois ténue tant le réalisme est poussé à l’extrême. Tout est vrai. Chaque pièce d’équipement, chaque pièce de vêtement… Et chacune des batailles, ayant eu lieu les 1, 2 et 3 juillet 1863, est minutieusement reconstituée.

Ainsi, il semble bien, à voir ces personnages aller et venir, le plus sérieusement du monde, qu’une grande partie de l’Amérique vit encore à cette époque. Nombre d’artisans vivent ainsi de la fabrication des éléments nécessaires à la vie de l’époque. Une préservation incroyable qui frappe par la nostalgie surdimensionnée qu’elle véhicule.

C’est une page fondatrice des Etats-Unis modernes. Les américains veulent à tout prix s’en rappeler et marteler, encore et encore, combien il leur en a coûté de s’unir définitivement, entre la fièvre mobilisatrice de l’indépendance de la fin du XVIIIème siècle et les conflits majeurs du XXème, consacrant la domination américaine sur le monde…

Voilà.
Gettysburg. Petit village du sud de la Pennsylvanie. 3 Juillet 2005.
142ème anniversaire de la bataille du même nom.
Plus de 20 000 figurants.
Des dizaines de milliers de visiteurs.
Témoignage d’un français, perdu au coeur du mythe fondateur de l’Amérique.
Séquence témoignage. Emotion.

Des milliers de voitures, garées dans les champs. A perte de vue. Comme toujours, une organisation sans faille : il sera possible de quitter le parking après la reconstitution en moins d’une demi-heure. Sans cris, sans jérémiades. Dans le calme. Et, en cas de besoin, des centaines de toilettes amovibles ont été installées, aux quatre coins de l’aire consacrée à l’événement.
Par quoi commencer ? Faut rentabiliser : 25 dollars l’entrée (50 pour les 3 jours), même s’il ne reste qu’une bataille à voir. Heureusement, c’est la plus importante puisque nous sommes le “dernier jour” du conflit.
Première tente : merchandising, of course.
Tout à l’effigie de l’événement : t-shirts, crayons, mugs, etc…
Le village de tentes des marcahnts. Là, c’est la réunion des artisans, professionnels du XIXème siècle étatsunien.
De vrai pistolets de l’époque. En état de marche. Avec balles et kit d’entretien d’époque. Véridique.
Les fusils. De même.
Faites votre choix.
Epées. Baillonnettes. Tout y est.
Visite des camps. Ici celui des sudistes, les soldats sécessionnistes qui veulent leur propre état, indépendant du nord.
Pour ajouter au réalisme (?), les acteurs ont passé les 3 jours là, en pleine nature. A vivre EXACTEMENT comme à l’époque. Fou… Un jeu de rôle grandeur nature.
D’ailleurs, le buffet est servi ! La bataille se fera le ventre plein.
Les ladies sont de la partie aussi. Admirez ces tenues.
Chaque figurant est un véritable historien, qui vous raconte l’hitoire de la bataille et le rôle qu’y a joué son personnage. On sent une vraie passion et une envie de partager et d’apprendre : l’interaction avec le public est maximale.
Scène incongrue : des officiers sudistes intervieweurs… Anachronisme.
Pendant c etemps-là, les troupes confédérées sont en place sur le champs de bataille. Prêtes à charger les position de l’Union. Sur l’ordre du Général Lee.
Petite pause. Sans doute bien méritée pour ces valeureux représentants de l’Union.
Le campement plutôt chiche des soldats de l’Union. Les figurants eux-mêmes se plient à la hiérarchie de l’installation liée à leur rang… Reconstitution oblige.
Là, les officiers.
Feu de camp.
Les installations de l’Union.
L’hôpital de fortune. Les chirurgiens-figurants y opèrent des mannequins, expliquant les techniques sommaires en vigueur à l’époque.
Gros plan sur une tente de gradé. Petit mobilier à disposition.
Deux figurants débonnaires. L’Union est entre de bonnes mains.
Ah. Le porte-drapeau. Une des dernières guerres à le voir à l’oeuvre, sans doute. Impossible à tenir sous le feu des armes modernes.
Les gamins participent aussi. Et font le salut.
Le plus remarquable, ce sont ces gueules. Les figurants ont la gueule de l’emploi, c’est frappant. Et la posture.
Encore un dernier vestige militaire : la cavalerie sera bientôt classée au rayon des glorieux souvenirs dans le manuel du parfait stratège militaire.
Même si la bataille est prévu dans un quart d’heure, ces messieurs se prêtent bien volontiers aux photos. Leur heure de gloire, sans doute.
Ah, la tente du général Meade, commandant de l’armée du Potomac, qui va livrer une bataille décisive et remporter une grande victoire, alors que le nord peine à trouver des officiers compétents. Pendant que le sud présente des leaders de haut rang, avec notamment le Général Lee, qui va diriger la manoeuvre côté sudiste, capables par leur panache de dépasser leur infériorité numérique face aux troupes de l’Union..
Voilà le général Meade, finissant son café, avant d’enfourcher sa monture et d’aller diriger ses hommes.
L’état-major nordiste est presque prêt.
Et rejoint le champs de bataille au galop.
Le public se presse dans les tribunes. Il est presque l’heure de la bataille finale de Gettysburg.
Il ne reste donc plus que les dames à l’arrière. Même si nous apercevrons des infirmières, prenant soin des blessés, pendant que les deux armées s’affronteront.
C’est l’heure. Le campement est deserté. A la guerre !

—–
A suivre : la bataille du 3 juillet reconstituée, la fameuse charge du Général Pickett.

8 Réponses sur Gettysburg, 1ère partie

  1. Massanin

    Magnifique, bon ça va surrement faire cliché, mais j’ai été berçé par les aventures du lieutenant Bluberry et c’est à ça que je pense en voyant ces photos !
    Joli quarter horse en tout cas…

  2. Arno

    Petit commentaire en passant : il existe toujours des divisions de cavalerie dans les armées modernes.

    Bien sûr ils ne sont plus vraiment montés. Mais le très lourde histoire des armées à cheval (pour une fois que les conneries que j’avais apprise pour l’instructorat sont ressortables :), des Dragoons britaniques aux Blue Cavalry US, restent ancrées dans les terminologies modernes.

    Aujourd’hui, les régiments de cavaleries sont souvent relativement lourdement blindés mais ils ont pour la plupart conservés le titre grace à leur capacité de déploiement plus rapide que la moyenne.

  3. Estelle

    Wow, je ne savais pas qu’il y avait des reconstitutions a Gettysburg ! Ce site est passionant, meme pour une fille qui, a priori, n’y connait rien. Apres la visite, il faut absolument se rassasier dans la plus vieille taverne de la ville, Dobbin House. Les serveurs sont en costume et l’eclairage est a la bougie. Tres chouette reportage, Jerome.

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  8. Yves

    Ca fait plaisir de voir des choses comme ça. Et je suppose que les reconstitutions sont les plus fidèles possibles. Avec un groupe de personnes nous essayons depuis quelques années d’instaurer le même style de passion mais malheureusement la course aux étoiles et l’argent font que nous ne sommes pas vraiment plausibles. Alors que sur le site réputé où ces passionnés d’histoires se produisent on voit les différents campements des simples soldats aux officiers et je peux vous dire que chez nous, même les derniers soldats arrivés sont mieux équipés que les officiers supérieurs de ce groupement. Et quand vous avez le malheur de leur en faire la remarque on vous répond que nous ne sommes plus en 1861-65 et qu’il faut un minimum de confort. En tous cas moi je souhaite reformer un groupe qui sera là pour refaire vivre cette période de l’histoire et non pour jouer à qui sera le mieux équipé.

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