Obama08

Super Size Me

par Jerome ITU ~ 04/10/2005, 10:58 . Classé dans : Penn State, Vie d'expat .

Morgan Spurlock at PSUJ’ai vu ce gars-là, hier soir. Celui avec les frites plein la bouche.

J’ai nommé Morgan Spurlock.
Le réalisateur du documentaire qui a fait sensation en 2004 : Super Size Me. Une sorte de reportage-réalité, où, pour dénoncer les méfaits de la nourriture des fast-food, il s’est filmé pendant 30 jours en train de suivre un régime strictement MacDo, au rythme infernal de 3 rations quotidiennes.

Il était là à Penn State ce lundi soir, à l’initiative du département de la Santé et du Développement Humain :
>> SuperSize Me: An Evening with Morgan and Nutrition and Health Exhibit.

Un vrai one-man show où les rires ont fusé, à chaque salve verbale d’un tir particulièrement nourri. Une soirée bien agréable et instructive, je dois l’avouer.

Spurlock a ainsi expliqué comment lui était venu l’idée, assis dans canapé en train de digérer le toujours copieux repas de Thanksgiving, il y a deux ans. Les pubs de MacDo, l’annonce d’une poursuite judiciaire de la chaîne de fast-food par deux clientes, son neveu de 18 mois qui n’avait jamais mis les pieds dans un MacDo et qui accueille son oncle en chantant son prénom sur l’air des spot télé de MacDo (“Morgan – MacDonald”, presque la même chose dans la prononciation pour un gamin)… Il le dit : “ça a fait tilt dans ma tête et je me suis jeté sur le téléphone pour appeler mon producteur”. Lequel a accueilli la nouvelle avec un “this a fucking great BAD idea”…

Là, Spurlock, précise à la foule : “je ne suis pas contre la responsabilité individuelle, attention”. Les gens doivent se prendre en charge. Mais il y a quelque chose de plus avec ces chaînes de fast-food : le marketing. Ils ciblent les jeunes, les enfants. “Il y a là un argument à défendre.”

Evidemment, il aurait pu faire son expérience ailleurs : Burger King, Wendy’s, White Castle (beurk), etc… Mais MacDo était le meilleur choix, car tout simplement le plus grand groupe du secteur à l’échelle mondiale : 45 millions de consommateurs chaque jour à travers la planète. 50 000 restaurants, répartis sur 100 pays et 6 continents…

Ensuite, il défend son film face aux (féroces) critiques.
“Pas réaliste”, leitmotiv de tous ses détracteurs. Personne ne mange 3 fois au fast-food par jour, voyons ! Ca ne s’est jamais vu. “Faux,” répond-il. MacDo cible ces gens-là, et les appelle les “heavy-users” dans son jargon “corporate” interne. “Heavy users” : ceux qui se rendent dans un MacDo, 5 à 6 fois par semaine, et plus. “ET PLUS”. User ? Oui, MacDo, les qualifient “d’utilisateurs”, ces clients plus que fidèles (accro ?).

Et quand bien même.
Les gens ne mangent pas toute la semaine au MacDo, ils alternent. Et puis, ils se nourrissent mal chez eux, aussi. Et enfin, dans un dernier exemple, il attaque Outback Jack, la plus grande chaîne de “steack house” des USA. “Une chaîne australienne, dont personne n’a jamais entendu parler en Australie”. Tenue par des mexicains… Rires. Et par quelques indiens aussi. Rires à nouveau.

Il décrit alors un repas standard à Outback Jack, les “onions rings” pour commencer, en portion extra large bien sûr. Hommage, au passage, au brave cuistot qui a eu l’idée de frire les oignons. “Hop, t’es augmenté toi, tu passes à 5, 95$ de l’heure maintenant”. Rires. Puis le steack. Et enfin le super dessert, l’extra fudgy double cream brownie (là, j’invente – ndlr) apporté sur un petit tracteur par le serveur. Rire. Bilan des courses, sans oublier le café final : 5 000 calories par tête. Bingo.

Pour lui, ce qui fait le plus peur dans son film, c’est justement son côté REALISTE.

Ah, évidemment, MacDo se défend. Il y a des menus sains, ils collaborent avec des nutritionnistes. D’ailleurs, dans l’une des nombreuses coïncidences qui ont marqué la sortie du film en 2004 (MacDo ayant par ailleurs supprimé les menus “Super Size”, 6 semaines après la première du film à Sundance), la chaîne a recruté une porte-parole en charge de communiquer sur les bienfaits nutritionnistes des aliments proposés dans chaque restaurant. Il y a des SALADES. Oui, vous pouvez manger des salades.

“Foutaises”, selon Spurlock.

“Je mangeais 4 500 à 5 000 calories par jour à McDonald’s. Ils jettent un rideau de laitue devant une grosse et grasse scène et l’appelle une salade.”
Les chiffres ?
Selon lui, MacDonald’s nourrit 45 millions de gens par jour, soit 17 milliards par an (?!). La vente de salades ? 150 millions d’unités par an. Donc moins de 1% des gens choisissent une solution saine. Tout est dit.

Poursuivant sur les coïncidences avec la sortie du film, dans la diatribe la plus choquante de la soirée, Spurlock souligne la mort du directeur du groupe, Jim Cantalupe. Crise cardiaque à 63 ans. Ce n’est pas vieux pourtant. “Est-ce que cela à avoir avec le fait qu’il s’est nourri des années durant avec ce type d’aliment ?” Et son remplaçant ? Charlie Bell, mort en janvier de cette année, suite à un cancer du colon. “Nouvelle coïncidence, bien sûr”…

Le film était nominé aux oscars.
Mais il n’a pas gagné. MacDonald’s est un sponsor de l’événement. Coïncidence ? Spurlock explique comment nombre de ses interventions ont été annulées, ici aux US et à l’étranger. En Allemagne, il n’a ainsi pu faire qu’une seule interview. Pourquoi ? A cause des pressions. MacDonald’s dispose d’un budget marketing énorme. “Nous pouvons choisir de modifier nos prochaines dépenses, voyez-vous…”
Ca ne vous fait pas peur vous, que ceux qui décident de ce que nous mangeons dans notre assiette, décident aussi de ce que les médias doivent nous dire et nous montrer ?” Et la nourriture n’est qu’un exemple, imaginez le reste…
morgan spurlock on stage

Et puis, regardez-bien la pub la prochaine fois que vous êtes devant votre télé. Regardez. Les spots MacDonald’s. Avec le clown. Ronald. Les enfants s’amusent avec les jeux de plein art. Puis c’est l’heure de manger. Ils s’assoient. Ils reçoivent leur “Happy Meal”. Le clown s’approche et murmure à leur oreille : “vas-y, mange mon petit”. Spurlock, sachant qu’il s’adresse à une foule d’étudiants, les imite en train de regarder la télé, tirant sur un joint, complètement engourdis. Et là : “Regardez-bien”. “Le clown”. “IL NE TOUCHE PAS LA NOURRITURE”. Jamais. L’étudiant avachi dans son canapé : “Noooooooooon”. Rires dans la salle. Et pourtant tellement vrai.

Fin du show. Place aux questions.
La foule est au courant et est intéressée. Parfait. Ca fuse.

Que pensez-vous de ces gens qui ont fait l’expérience inverse ?
Et oui, il y a des gens qui sont passés derrière Spurlock et ont démontré l’inverse : qu’on pouvait manger au MacDo, et maigrir (cf Merab Morgan). “Oh oui, bien sûr”, répond-il. “Elle est allée manger à MacDonald’s et a maigri”. “Oui, mais en faisant du sport quotidien et en sélectionnant sa nourriture avec précaution”. “Ce que personne ne fait dans la réalité aux Etats-Unis”.

Que pensez-vous que MacDonald’s devrait faire maintenant ?
Réponse immédiate : “Arrêter de prendre les enfants pour cible”. “Enlever tous ces espaces de jeu plein air où les parents se rendent en journée, parce que c’est le seul endroit du genre dans le quartier.”

Comment faire quand ces mauvaises habitudes commencent à l’école ?
Une très bonne question : les cantines américaines, je les ai vu des mes propres yeux, ici à State College, proposent des hamburgers, des pizzas ou du mexicain, le midi. Et c’est tout. Sans parler des distributeurs de sodas et de snacks, disposés à l’intérieur de tous les établissements. Spurlock répond : “ça doit changer aussi”. Il prend pour exemple une école à New York. Les gamins, 12-13 ans, ont vu le film et ont été marqués. Ils se sont passés des notes et ont décidé d’agir. “Vous vous rendez compte ? Des activistes de 12 ans !”. Dans les deux semaines qui ont suivies, la consommation aux stands de la cantine et dans les distributeurs a baissé de moitié. Réunion des membres du bureau scolaire et des parents d’élèves, alarmés. “Que se passe-t-il ?”. Ils ont alors décidé de changer les menus pour les enfants de l’école. “Voilà, comment des gamins y sont arrivés”.

Sa conclusion : “Vous êtes des étudiants, vous êtes les décideurs de demain. Mais vous pouvez aussi décider aujourd’hui. Avec votre argent. Nous sommes des électeurs et nous pouvons aller voter. Mais nous sommes aussi des consommateurs. Nous avons un pouvoir. Quand vous dépensez un dollar, réfléchissez. Dépensez-le sagement, dans des endroits dont le fonctionnement vous plait. Et tenez bon, toute votre vie. Vous pouvez faire changer les choses à votre échelle.”

Applaudissements à tout rompre.
—–

Une soirée très instructive.
Mais toujours cette interrogation : pourquoi y-t-il si peu de prise de conscience diététique chez les américains ? Moi, c’est ma maman qui me l’a inculqué : des frites – une fois par semaine pas plus (le mercredi…) -, du poisson – le vendredi -, des laitages, des légumes verts, une variété à prendre en compte sur une semaine. La semaine. Pour moi, une erreur fondamentale des enseignements ici : ils veulent absolument équilibrer la journée. Jour par jour.

Autre chose : la question du goût. Forcément si dès 3-4 ans, le gamin est habitué à manger des cochonneries de ce genre, il ne développe pas son palais. Ce qui est bon dans la nourriture, c’est la variété des sensations. Ces fast-foods, dont je suis un ardent consommateur aussi, ne propose pas de richesse sur ce plan. C’est du formaté. Du prêt-à-avaler. Point Barre.

Et malheureusement, me semble-t-il, ces dérives commencent à apparaître chez nous. Pourquoi faut-il que les sociétés riches et modernes se laissent aller, comme ça, à la détérioration de leur alimentation ? C’est fou, non ? Une décadence inéluctable ?

—-
Goodies :


Article du journal des étudiants de Penn State (d’où est tiré la photo de Morgan Spurlock sur scène) :
>> ‘Super Size Me’ director feeds hungry PSU crowd

Mise à jour, 15:45 ET :
Spurlock fait référence a Eric Schlosser, l’auteur de Fast Food Nation, un livre qui explore les dessous du monde des fast-foods aux Etats-Unis. Ainsi celui a écrit dans son livre que le processus de fabrication du steack haché qui se retrouve dans votre hamburger au comptoir du MacDo est tellement imbriqué, qu’il contient la viande de 100 vaches différentes. Spurlock l’interview sur ce point et Scholesser lui répond :
“Ah oui, cette histoire des 100 vaches… Elle est fausse… C’est une erreur d’impression. En fait, ce sont 1000 vaches qui sont utilisées pour chaque portion de steack haché”.
Fou…

Fast Food Nation (Amazon.com) :
Fast Food Nation

34 Réponses sur Super Size Me

  1. NoComment

    Spurlock a aussi cree une serie TV qui a recemment ete diffusee: 30 days. L’un des episodes etait a propos de l’immersion d’un jeune ultra religieux/conservateur/ex-marine dans le milieu gay de San Francisco pendant 30 jours. Il etait persuade que sa vision des gays ne serait en rien changee par l’experience. A la fin de l’episode, il devient une toute autre personne, admettant qu’il ne connaissait la communaute gay qu’au travers ce qui lui a ete enseigne et que la realite etait toute autre.

    Bref, au sujet de la nourriture a la cantine, j’ai toujours ete sideree que les petits americains aient le choix. Grosse erreur, mais les americains n’aiment pas contredire leur progeniture, de peur de les contrarier, de peur que cela n’influence leurs resultats scolaires et leur vie d’adulte (ouf…). Bref, bien sur, ils vont choisir des frites, des pizzas, des sodas… tous les jours. Quand j’etait jeune (ma p’tite dame), nous n’avions pas le choix. Nous avions un menu unique et different tous les jours. Je n’etais pas toujours ravi (j’aime pas les choux de Bruxelles), mais cela a contribue a mon enseignement dietetique au meme titre que les mathematiques. Il y a probablement pas mal de legumes que je n’aimerais pas si on ne m’avait pas “force” a les essayer.

  2. Mary Ellen

    I love this article! The problem with obesity in America is so sad. I think people are finally coming to see what fast foods are doing to their health. Growing up in a big family (5 children) we almost never ate out at any type of restaurant because the cost was too high. My mother always had a balanced meal on the table and the food was rarely fried. I’m very lucky that I am built small and never had to worry about my weight when I was a child, but I see children and teens who are so obese, not only because of their diet, but they don’t exercise. In the summer I never see kids playing outside like we did. Unless they are in an organized sport program they stay in an play video games or watch television. I had four older brothers so our summers were spent playing baseball in the streets or riding our bikes on all day journies.We never came inside until it was time for dinner and then ran right back out until it was getting dark. I think if you start out not giving this food to your children they won’t aquire a taste for it. I can certainly do without it and would choose eating a home-cooked meal instead. A lot of the fast food chains are trying to put out “healthy” choices, but if you look at the amount of fat and calories it really isn’t that good. My mother used to live in Las Vegas for awhile and when I would visit, I could not believe how many people were obese. But when you go to the casinos. they are filled with buffets and free food and drinks. I like that they are doing a health exhibit at the universities and I have noticed that the University that my daughter attends does offer healthy choices on campus. She also never grew up with fast food and prefers to cook for herself or eat fresh fruit, vegetables, and very little meat.

  3. sandrine

    J’avais parle il y a quelque temps des tentatives qui avaient ete faites pour “demonter” son film–mais c’est vrai que Spurlock qui va a Mc Do tous les jours, et grossit, c’est plus proche de la realite que quelqu’un qui y va et maigrit….

    Depuis que ma fille (9 ans) a vu ce film, elle refuse de retourner dans les MC Do. Donc ca marche ;-)

  4. annie stasse

    Nocomment : et en plus plaisir à les manger. Et bien plus que des féculents gras en plus.

    Les enfants sont naturellement portés vers le sucre, la graisse et les féculents.

    Et s’ils étaient naturellement portés vers la violence, le meurtre etc… ? on ne les contrarierait pas ?

  5. Jean-Philippe

    C’est un peu gros quand même comme reportage.
    Je sais bien qu’il a mis les bouchés double.
    Mais dans son film il cherche à nous faire avaler n’importe quoi:

    Il fait 3 repas par jour à MacDo même quand il a pas faim … allons allons un peu de serieux il avale plus de 6000 calories par jour, alors qu’un être humain “normal” (blanc et riche) va en consomer 2000 ou 25000…

    Il ne fait pas de sport, au pretexte que les EtatsUniens ne font pas d’exercice,
    a priori on peut dire qu’il ne vit pas a NY parceque bonjour la marche ici… Il doit pas frequenter les NYSC non plus, bourré de monde tous les jours et à toutes les heures…

    Bah on peut reconnaitre que c’est une bonne cible Macdo…

  6. Marie

    Quel post Jérôme…comme si on y était !

    Il y a bel et bien des personnes qui mangent des salades chez McDo : les végétariens qui accompagnent leurs amis ” carnivores “. Et les salades ne sont vraiment pas terribles d’ailleurs !

    Les américains (*) ont réellement une autre façon de manger, lors d’un voyage à Québec, avec des amis nous avons été manger dans un fast-food dont j’ai oublié le nom (” spécialisé ” en pizzas en tout cas). Nous n’en revenions pas de toutes les tailles de pizzas possibles : mini/moyenne petite/moyenne moyenne/moyenne grande/grande/très grande/très très grande/familiale…
    Par précaution, les femmes ont choisit une ” moyenne moyenne ” et les hommes une grande avec chacun un petit coke diet.
    Quand la serveuse nous a apporté les plats… le choc . Les moyennes étaient carrément immenses (1 pour 2 sans problème), les grandes pizzas étaient totalement démesurées pour 1 personne. Pour tasser cela, le petit coke diet : 1/2 litre !!!
    Et quand au prix : dérisoire par rapport à la quantité de nourriture. Etonnant !

    (*) je généralise, j’en ai pas la moindre idée en fait

  7. fumble

    Ah, ben tu vois Jean-Philippe, le consensus s’effrite même très très vite ;-)

    Moi, c’est pas ça que j’ai vu dans le film. il va manger au MacDo, point. Des fois il a du mal à finir (surtout au début, il me semble), mais il dit aussi qu’il aime bien ce genre de nourriture – il y a un passage où il dit qu’il se sentait un peu à plat mais qu’avec son sandwich, maintenant, il a vachement le moral.
    Je me demande si on l’a tous expérimenté, Jérôme kind of effleure le sujet dans son post : la junk-food, c’est bon ! Moi j’aime bien les Whoppers – les Whoppers c’est bon…

    Également, il avait des règles assez strictes (ne prendre qu’un menu, manger de tout ce que McDo proposait dans la semaine – salade y comprises, en quantité en fait plus grande que ce que les clients de McDo mangent – et toujours accepter le fameux supersize si on le lui proposait). Au fond, il a appliqué à MacDo le même traitement que la FDA applique aux nouveau médicaments ou aliments : prendre un cobaye, le soumettre à un régime riche en médicament A ou en nouille au céleri, et voir si ça crée des dysfonctionnements. L’abus de McDo a crée des dysfonctionnements, donc il devrait y avoir une pancarte (MACDO TUE ou plus soft : l’abus de McDo nuit gravement à la santé) dans tous les restaurants de la chaîne.

    On note aussi qu’il souligne la néfasteté particulière des frites et du coca en grande quantité, plus que du sandwich en lui-même – et montre le cas d’un gars qui mange ses 3 bigmac par jour depuis 20 ans et se porte comme une charme.

    Au fond, j’ai surtout retenu de son film un message ultra simple qui ne semble pas aller de pair chez les Américains : l’excés c’est pas bon !
    Cf. le cas de ce brave monsieur qui s’envoyait ses 16 gallons de coke tous les jours (60 litres, çà il l’a pas inventé, quand même !). Et ce genre de comportement s’apprend très jeune, et McDo prend spécifiquement les enfants pour cibles, et c’est ça qui est dommageable. C’est un procédé d’autant plus déplaisant que dans le cas de MacDo, avoir des consommateurs captifs depuis leur enfance est mauvais pour leur santé.

    Finalement, ce n’est pas tellement de savoir que manger-tous-les-jours-chez-McDo-PizzaHutt-BurgerKing n’est pas bon pour la santé qui est intéressant, c’est de savoir à quel point c’est pas bon.

  8. Jerome

    Jean-Philippe
    Evidemment MacDo a bon dos dans l’histoire mais bon, on ne peut pas monter un business sur la mauvaise bouffe et ne pas vouloir en subir les conséquences. Conséquences qui sont, de toute façon, payées par la société entière. Comme dans le cas du tabac.

    Mais Spurlock dénonce aussi des comportements généraux d’alimentation, pas seulement les travers marketing de MacDo. Les obèses existent et c’est un vrai problème.

    Il y avait une expo avant la conférence, sur la diététique. Avec chiffres à l’appui.
    61% des adultes aux USA étaient en surpoids ou obèses en 1999.
    300 000 personnes meurent chaque année aux Etats-Unis à cause de problèmes liés à l’obésité.
    Le coût économique de l’obésité en 2000 s’élevait à 117 milliards de dollars !

    Les choses ne sont pas améliorées depuis. La situation est même pire que prévu et quasi-alarmiste pour les scientifiques : une étude qui a suivi un groupe de 4000 personnes sur 30 ans a déterminé que sur la durée, 9 hommes sur 10 et 7 femmes sur 10 vont avoir des problèmes de surpoids.
    >> Study Suggests Most in U.S. Will Be Fat

  9. fumble

    8-(
    Les statistiques, ça calme toujours…

  10. Jerome

    Ce que j’ai apprécié aussi pendant la conférence, c’est qu’il ne fasse pas tout un plat des effets secondaires. Qu’il a quand même subi et qui sont décrit par le Daily Collegian :

    //A toxic liver comparable to a raging alcoholic, sky-high cholesterol, pounding headaches, depression and 25 pounds later, Spurlock knew his movie//

    Mais comme la question lui a été posée à la fin, il a apporté des précisions. Il lui a fallu près de 9 mois pour complètement éliminer. Les premiers jours, il restait allongé avec des maux de têtes violents, que seul le fait d’absorber de la nourriture pouvait calmer…

    Maintenant, il faut qu’il se surveille : il a tendance à prendre plus facilement du poids qu’avant son expérience. C’est le seul effet secondaire qui lui reste. Mais il avait l’air très en forme, là, sur scène.

  11. Flocon

    fumble : //On note aussi qu’il souligne la néfasteté particulière//
    Et si on parlait de nocivité ? Fumble, un garçon si fin, si bien éduqué, voilà comme ils nous l’ont abimé à Oxford!

  12. Mathieu

    “Enlever tous ces espaces de jeu plein air où les parents se rendent en journée, parce que c’est le seul endroit du genre dans le quartier.”… N’est ce pas un bon endroit pour bruler des calories?

    Je ne pense pas que manger au Mcdo soit sain, mais sincerement manger dans un resto de fondue savoyarde tous les jours ne doit pas etre tres bon pour la santé non plus. Même Atkins est mauvais pour la santé, il faut juste un peu de nuance et de moderation dans la vie (et donc dans les choix alimentaires), chose dont manque cruellement Morgan Spurlock et son film

    http://www.spurlockwatch.typepad.com/

  13. Flocon

    Jérôme : // qu’il ne fasse pas tout un plat des effets secondaires//
    C’est voulu ou c’est encore l’inconscient qui a pris les commandes ? On avait déjà relevé une très belle introduction chez Jean-Philippe (n°5).Il est vrai que le menu est assez copieux aujourd’hui sur ITU…

  14. Jean-Philippe

    “Ce que j’ai apprécié aussi pendant la conférence, c’est qu’il ne fasse pas tout un plat des effets secondaires…”

    C’était un des reproches qu’on peut faire au film, les points psychologiques qu’il sert dans le film ne sont que due à sa personalité et on peut pas les géneraliser à toute une population.

    Ce film revient un peu a dire si je prends mon hummer et que je roule a 500Mph ben je vais faire des degats.
    Certe…
    Oui …

    Mais tout exces est generateur d’anomalie.
    Alors bon, un film pour nous dire que MacDo ben c’est pas top top….
    Mouais…

  15. Xs

    Flocon,
    celle de Fumble n’est pas mal non plus “le consensus s’effrite” :)

    Autrement croyez moi ou non mais il me suffit d’une main pour compter le nombre de fois où je suis allé chez Mc Do !

    Leurs hambugers me fait penser à une séquence du film Falling Down (Chute Libre) où Michael Douglas pète les plombs dans un Whammy Burger, ça vous dit quelque chose? :)

  16. Jean-Philippe

    Xs,
    Ah oui excellent comme film, trop fort faut que je trouve un Whammy qui ne sert plus a 11H !
    Merci pour la connection neuronale !

  17. mainon jeblogue

    Tous les jours a MacDo? – trois fois par jour?. Come on Spurlock! Surely you’re jiving!

    D’un autre cote, quelquefois a Mac do, quelquefois a Burger king, quelquefois a Wendy’s, quelquefois a “name your junk food joint”, un double cappuccino chez starbucks, le gateau (?) d’anniversaire au bureau, un coca de 75cl at the vending machine, un coup de fil a Pizza Hut le soir, un arret rapide au drive-through (”do you want fries with that?”)et paf ca y est tous les repas de la semaine sont la meme saloperie. Et tu arrives aux 5/600 calories quotidiennes.
    Bien sur que personne ne mange tous ses repas a MacDo mais beaucoup les mangent dans des endroits au moins aussi degueu.
    Reveillez vous francais de France. Vos jeunes generations sont deja accros.

  18. Xs

    Certains médecins français tirent la sonnette d’alarme depuis quelque temps.
    Mais il n’y a pas de quoi s’inquiéter, avec la baisse toujours plus grande du pouvoir d’achats on sera obligé de se restreindre :D

  19. Jerome

    Xs,
    Ben justement, ici, le MacDo c’est la bouffe du pauvre. Ca revient bien moins cher d’y manger que de faire des courses de légumes frais. Au prix de mes 5 tomates, je peux me payer un menu “Super Size” avec Coca à volonté, tout en ajoutant des nuggets à 1 dollar.

    C’est ça la réalité.

  20. miss lulu

    j’ai vu le film ET lu le bouquin Fast Food Nation, et je dois dire que le bouquin est excellent et a lire absolument! ce qui est bien dans le bouquin c’est qu’il couvre TOUS les fastfoods americains et en plus raconte leur histoire, comment ils se fournissent de produits alimentaires de base, les usines, les agriculteurs et eleveurs, comment sont traites les travailleurs/vendeurs/faiseurs de hamburgers, les pressions sur le marché, l’environnement, la politique, le business world, etc. ca raconte entre autre la pression de macdo au niveau politique. c’est effarant!!!! Jerome, tu DOIS lire ce bouquin!!!

  21. HG

    ce qui est particulier et qu’on voit bien dans le film, c’est que toute la société et sa façon de vivre encouragent une conception de la nourriture comme ‘fast food’.
    (Au passage: il n’y a pas aux Etats-Unis de loi contre le fait d’utiliser des enfants pour vendre n’importe quoi; et il n’y a pas d’obligation de les montrer en train de se dépenser, ni d’interdiction liant refus de l’autorité parentale et absorption de gateaux, etc.)
    Dans toutes les pubs on voit des gens trop pressés pour cuisiner, pour s’asseoir, pour utiliser des couverts, pour manger tout bonnement… Ils vont d’un endroit à l’autre avec de la soupe en boite a la main (campbell’s et les meres de familles qui accompagnent les enfants partout et n’ont pas le temps de penser a elles, manger= egoisme), un sandwich et un grand soda (subway et l’ado qui va prendre un 2e diner en passant par la fenetre… et se le fait piquer par ses parents)..etc. On voit celui qui doit *faire marcher son micro-onde* (la pauvre, il faut attendre, et ca brule, ca explose…!) alors qu’il pourrait se faire un sandwich avec vingt tranches de jambon (hyper fines les tranches, mais quand meme) et plusieurs tranches de cheddar; la mere qui rentre tard du travail et s’arrete a Applebee’s curbside service, afin d’etre sure de faire plaisir a sa famille; le jeune qui a un petit creux et va s’acheter un sandwich a BK’s, etc!
    De plus, la nourriture est vraiment presentee comme une corvee, le repas-tous-en-famille-autour-de-la-table est vraiment devenu l’image d’un ideal impossible (l’equivalent francais des pubs a la campagne ou tout est vert, avec un brave type en casquette grise et une vache mignonne derriere = on voudrait bien, meme si on sait que c’est pas ca). Le choix de la nourriture devient la prerogative des enfants, avec une predilection pour “les trucs pas trop identifies mais colores qui se mettent dans le micro-ondes”: le pere deborde qui met le plateau de micro-ondes “healthy choice” dans le micro-ondes pour ses enfants, les petits garcons qui vont un raid dans la cuisine a minuit pour piquer des pizzas roulees tostinos qu’on met au micro-ondes, les enfants qui rentrent de l’ecole et se font un “gouter” de Easy mac (un bol de pates en sauce orange, au micro-ondes encore), le bebe qui essaie de piquer la nourriture de son pere/frere, etc..
    Aux Etats-Unis, 4 diners par semaine (plus de la moitie!) sont achetes a l’exterieur *dans les familles*.
    Donc, on est bien d’accord, un MacDo de temps en temps n’a jamais tué personne, mais on parle là d’un repas sur deux dans une culture qui valorise l’efficacité et dans laquelle manger= perte de temps.
    Je ne dis pas que TOUTES les familles fonctionnent comme cela, simplement que c’est présenté comme le modèle et que le cas des familles qui mangent ensemble de la nourriture préparées à la maison sont totalement hors-normes.

  22. HG

    J’ai écrit ça (ci-dessus) pour les Français-de-France parce que c’est assez difficile à imaginer.
    Contrairement à la légende, les Américains ne mangent pas tous les jours au macDo en buvant du coca!
    En fait, aux Etats-Unis, il y avait beaucoup beaucoup de gens gros qui étaient pauvres. Ensuite ça s’est développé, justement avec le changement dans l’alimentation des enfants (ne serait-ce qu’il y a 15 ans, les enfants ne devaient pas boire du coca, par exemple) et l’habitude d’acheter sa nourriture toute prête dans les fast foods ou restos take out.
    (C’est quand même très pratique!)
    Maintenant, le chic du chic, c’est d’avoir son “personal chef”: vous n’avez pas à cuisiner, mais vous avez quelqu’un qui cuisine pour vous sans tous les produits chimiques et gras qu’on trouve dans les “take out”.

  23. Flocon

    Xs: “le consenseus s’effrite” de fumble. Excellent! cela m’avait effectivement échappé (lol!) Mais fumble a fait une remarque aussi juste que très réaliste : “les statistiques ça calme toujours” pour laquelle il lui sera beaucoup pardonné.

  24. le_ffrench

    L’excès dans les portions, le nombre de calories hallucinant par jour, le grignotage, le manque d’exercice sont mis en cause dans l’augmentation du nombre d’obèses aux Etats Unis.

    Mais les procédés industriels de production des aliments comme par exemple le raffinage de certains y contribuent également, et là, le problème se pose des deux côtés de l’Atlantique.

    Tous les aliments raffinés sont la norme pour nous : céréales, sucre blanc, huile végétale. Le raffinage augmente le coût de production des aliments et détériore leurs qualités nutritionnelles en augmentant notamment leur teneur en glucides ou en corps gras. Or il s’agit de produits de base utilisés largement par l’industrie, mais aussi dans notre alimentation quotidienne !
    Un article intéressant sur ce sujet:
    http://biogassendi.ifrance.com/biogassendi/denatures.htm

    Un autre du même site sur les additifs alimentaires (avec la superbe recette de tarte aux cerises de supermarché !)
    http://biogassendi.ifrance.com/biogassendi/additifs.htm

  25. Jerome

    La conclusion de Spurlock, telle que figurant sur la newsletter de l’université aujourd’hui :

    “It’s a time of discovery when you’re in college. Find something you believe in and fight for it … We live at a time when we need some people to speak out; we need people to be active, to be willing to make a difference, and we need you guys to do that. You’re going to be the ones who make the films I want to see, who write the articles I want to read or the books that are going to influence millions of people around the world. I really hope you do that because just as you are looking to be inspired, there are millions of people just like me who want to be inspired, as well.”

    En bon showman, il n’avait pas manqué de commencer en faisant allusion aux bons résultats de l’équipe de foot de Penn State, de retour dans le top 25 du pays après deux ans de disette. Succès garanti auprès des étudiants.

  26. fumble

    Ouf, content de savoir que je suis pardonné !

    Á vrai dire, au moment où j’écrivais “néfasteté”, je me suis bien dit que ça sonnait pas terrible (un peu comme “c’est un garçon très culturé”, ou “vous êtes sûr de vos avancements), mais je me suis dit qu’au pire, je pourrais toujours plaidoyer la traduction automatiquée.

    Obvieusement, c’était compter sans l’oeil acéré de Flocon, qui demasqua facilement ma faiblesse linguistique…

    La frite, sinon ?

  27. Jerome

    A noter, dans son excellent livre, La France Made in USA, Guillemette rappelle en page 26, que MacDo réalise son meilleur chiffre d’affaire européen… en France. Avec 3 milliards de dollars en 2003 !!

    On a bon dos maintenant… Il est où José Bové ?
    (je vous ai dit que vous devez absolument lire ce livre ?)

  28. Xs

    Oui mais cela reste moins grave pour nous car les plus gros Big Mac en France correspondent aux plus petits menus dans les restos Etatsuniens; on veut bien manger des cochonneries mais à ptite dose :)
    Le pire c’est que la qualité des produits est meilleur chez nous, j’ose même pas imaginer le contenu des plateaux servi aux USA…
    Un vielle article, la Fance au secours de McDo:
    http://www.lexpansion.com/art/0.0.111164.0.html#Scene_1

  29. Inside the USA » La motion cheeseburger

    [...] t; La motion cheeseburger Politique US C’est Morgan Spurlok qui ne va pas être content. La House of Representatives (l’équivalent de [...]

  30. Inside the USA » Mc Donald’s nous dit tout

    [...] aurants. Seulement, c’était un des points relevés par Norman Spurlock dans son film, Super Size Me, ces brochures étaient rarement disponibles (en tout cas, dans les Mac Do qu&#821 [...]

  31. fabio3125

    non seulement ils nous font de la mal bouffe mai en plus de cela comme le dit morgan ils embrigade les enfants pour ne pa dire formatage et lobotomisation c’est une honte de transformer nos enfant en une sorte d’Organisme Moralement Modifier Ronald devrait etre pendu sur la place publique !!!

  32. Inside the USA » 41 heures dans un Walmart

    [...] i promettant de le financer. Il visait clairement le succès, le paternel, comme “cet autre gars qui n’avait mangé que du McDo pendant tout un mois”. Alors, Walmart, le [...]

  33. coin-coin

    jai trouver se film génial!!
    mais bon
    woila
    il y a défois c’est très éceurant!!
    :)

  34. Inside the USA » Where in the world is Osama Ben Laden ?

    [...] Aujourd’hui, c’est Norman Spurlock, auteur du détonnant Super Size Me, qui tente une réponse répondre : [...]

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