Obama08

Renaissance Française

par Jerome ITU ~ 04/06/2006, 16:49 . Classé dans : Culture US, France .

 Ca se passe maintenant, dans l’état du Maine, aux Etats-Unis d’Amérique.

Le New York Times nous raconte, dans un article passionnant.

Sur les traces des racines françaises dans cet état du nord-est, où, pendant longtemps, les descendants d’origine française ont du mettre de côté l’apprentissage de leur langue pour espérer se fondre dans la société locale. Mais aujourd’hui les choses changent:

That was Maine in the 1950’s and 1960’s, and the stigma of being French-American reverberated for decades afterward. But now, le Français fait une rentrée — French is making a comeback.

The State Legislature began holding an annual French-American Day four years ago, with legislative business and the Pledge of Allegiance done in French and “The Star-Spangled Banner” sung with French and English verses.

“C’était le Maine dans les années 50 et les années 60, et le stigmate d’être franco-américain s’est répercuté encore des décennies plus tard. Mais maintenant, le Français fait une rentrée (en français dans le texte – ndlr) – le français fait un retour.

L’état a commencé à tenir une journée Franco-Américaine annuelle, il y a quatre ans, avec les discussions législatives et le “Pledge of Allegiance” faits en français et “The Star-Spangled Banner” (l’hymne américain – ndlr) chanté avec des paroles en français et anglais.”

2002 a ainsi vu l’élection du premier membre du congrès ouvertement franco-américain, Michael H. Michaud. Le gouverneur John E. Baldacci, lui, a poussé en faveur d’échanges commerciaux avec les pays de langue française. Il a même mené une délégation commerciale en France à l’automne dernier, sans doute une première dans l’Amérique post-9/11.

Le Maine, selon les rapports du bureau du recenssement américain, est l’état où la plus large proportion de la population parle français à la maison : 5,3%. Les “franco-américains” sont les descendants d’immigrés venus du Canada à partir de 1870, pour s’installer dans le Maine et la Nouvelle-Angleterre, et alimenter en main d’oeuvre les usines de textiles et de chaussures de la zone. Ces arrivants ont alors subi toutes sortes de brimades et de moqueries de la part des habitants du coin :

But resistance developed, and people began stereotyping the newcomers as rednecks, dolts or inadequate patriots. In 1919, Maine passed a law requiring schools to teach in English.

French-Americans had a saying: “Qui perd sa langue, perd sa foi” (”Who loses his language, loses his faith”). But many assimilated or limited their children’s exposure to French to avoid discrimination or because of a now-outmoded belief that erasing French would make learning English easier.

“There was just a stigma that maybe you weren’t as bright as anybody else, that you didn’t speak English as well,” said Linda Wagner, 53, of Lewiston, who takes classes to reclaim language lost as a child.

“Mais une résistance s’est développée, et les gens ont commencé à stéréotyper les nouveaux-venus comme des rednecks (paysans – ndlr), balourds ou des patriotes inadéquats. En 1919, le Maine a passé une loi exigeant que les écoles enseignent en anglais.

Les franco-américains ont un dicton : «Qui perd sa langue, perd sa foi». Mais beaucoup se sont assimilés ou ont limité l’exposition de leurs enfants au français pour éviter la discrimination ou en raison d’une croyance – maintenant démodée – que l’eéradication du français rendrait plus facile l’étude de l’anglais.

«Il y avait juste un stigmate que peut-être vous n’étiez pas aussi intelligent que les autres, que vous ne parliez pas anglais aussi bien, » dit Linda Wagner, 53 ans, de Lewiston, qui suit des cours pour récupérer la langue perdue à l’enfance.”

Le “French-American French” (français franco-américain ?) ressemble plus au français de Louis XIV qu’à la version actuelle parlée à Paris. Ainsi disent-ils, “chassis” pour fenêtre, “char” à la place de voiture, et prononce moi, “comme le faisait Molière” en disant “moé”. De fait, ces descendants se sont retrouvés coincés entre deux langues, rejetés des deux côtés, car ne parlant correctement ni l’une ni l’autre.

Leur état d’esprit tient tout entier dans un autre de leur dicton : “On est né pour être petit pain; on ne peut pas s’attendre à la boulangerie.” Plutôt mignon, non ?

La France est partie prenante dans cet élan et s’investit, par l’intermédiaire du consulat basé à Boston, dans l’organisation de manifestations culturelles à travers tout l’état. Le gouvernement, à juste titre sans doute, y voit “un fort potentiel” pour “développer des relations commerciales et touristiques.”

Et si les écoles du Maine enseignent encore bien plus l’espagnol que le français, cette résurgence est fort sympathique. D’ailleurs, l’article se conclut sur une phrase de Mr Marquis (?) :

“It’s almost like I found religion,” said Mr. Marquis, 68, suddenly choking with emotion. “My religion, No. 1, was French. I have a personal movement in my heart for it.”

14 Réponses sur Renaissance Française

  1. Dorothee

    je m’en vais de ce pas envoyer ton article en mail a ma belle-mere…

  2. yes-woman

    // the Pledge of Allegiance done in French and “The Star-Spangled Banner” sung with French and English verses//

    Déjà que je trouve les deux passablement effrayants en Anglais (surtout le serment d’allégeance, c’est orwellien à souhait ce truc), en Français ça doit être… (shudder)… Au secours!

  3. Steven Rix

    Colisse.

    Cher Monsieur, vous faites une gaffe culturelle, que j’ai du repeter dans plusieurs blogs, par defaut d’inteculturalisme: les “francais” du Maine sont des Acadiens avant tout, et les Acadiens parlent un espece de Francais avec des intonations differentes. Le Maine est juste a cote du Nouveau-Brunswick et on oublie souvent que les Canadiens partent aux USA pour trouver du travail.

    C’est relativement insultant de parler de culture francaise dans le Maine alors que la France a abandonne les francais du Canada depuis plusieurs siecles maintenant.

    Les Americains en dehors du Maine ou de l’Est des USA font la meme gaffe que les Francais aussi. Ils croient que ce sont des Francais dans le Maine et le Michigan aussi (on oublie cet Etat) et le Winsconsin alors qu’ils parlent francais mais n’ont rien a voir avec la France.

  4. McFlan

    J’ai un peu de mal à voir la gaffe. Tout le monde sait que les personnes visées ne sont pas des Français et n’ont rien à avoir avec la France – en excluant les expatriés – même s’ils parlent français.
    Je ne vois aucune confusion dans l’article. D’ailleurs l’article insiste même sur les intonations différentes ou la différence de vocabulaire.

  5. ms. miami

    je le trouve un peu triste a voir des francais qui veulent s’eloigner a tout prix de leur cousins linguistiques et culturels en amerique du nord…

    il font quand meme partie du monde francophone comme les cajuns de louisiane.

  6. ms. miami

    je le trouve un peu triste a voir des francais qui veulent s’eloigner a tout prix de leur cousins linguistiques et culturels en amerique du nord…

    il font quand meme partie du monde francophone comme les cajuns de louisiane.

  7. ms. miami

    oops- desolee.

  8. Jérôme

    Dorothée,
    Tiens nous au courant, surtout !
    Le pledge et l’hymne en français, ça va surement la faire bondir, ta belle-maman !

    Yes-Woman,
    Tiens, je ne me suis jamais penché sur les paroles. C’est si terrible que ça ? Pire que la Marseillaise ?

    Steven,
    Ben, si des gens expriment le souhait de se mettre (ou remettre) au français, on peut (doit ?) les soutenir dans leur démarche. Et si, en plus ils expriment un intérêt envers notre bonne vieille France, c’est du bonus bienvenue. On a besoin de soutien aux Etats-Unis.

    McFlan,
    Oui, je suis plutôt d’accord avec toi. Ils ne parlent pas de francáis stricto-senso.
    BTW, bravo tardif pour ce nouveau blog, faudra nous en parler plus. Good luck.

    Ms Miami
    Exactement. Vive la francophonie. On a quand même un rapport, même si lointain, avec eux.

  9. transall

    Bonsoir,

    Toujours très intéressant de voir des populations retrouver leur ancienne langue (et je ne parle pas ici que des français).

    Quant à la réaction de Steven, j’avoue qu’elle me surprend quelque peu.

    Il n’est pas question en effet pour un français de traiter un canadien ou un acadien de “français”. Nous sommes parfaitement conscients de leurs spécificités et de leur vécu.

    Par ailleurs, les canadiens ont une cote d’enfer chez nous car nous adorons leur accent ainsi que leurs tournures de phrases, sans aucune envie de les dénigrer, bien au contraire.

    Alors, en résumé, bienvenue à nos nouveaux francophones, et que leur nombre croisse…

    Amitiés,

    Didier

  10. yes-woman

    //Yes-Woman,
    Tiens, je ne me suis jamais penché sur les paroles. C’est si terrible que ça ? Pire que la Marseillaise ?//

    Houlà non, *rien* (à ma connaissance) n’est pire que la Marseillaise – mais bon, quand on a une devise aussi belle que “liberté, égalité, fraternité” on peut se permettre d’avoir un hymne national grotesque… ceci dit, et malgré les délires raffarinesques, je ne crois pas que les écoliers français chantent la Marseillaise en coeur tous les matins.
    Enfin bon, quand même, ça craint http://www.homeofheroes.com/hallofheroes/1st_floor/flag/1bfc_pledge_print.html
    http://www.infoplease.com/ipa/A0194015.html
    Ou y’a que moi à qui ça fait ça?…

  11. yes-woman

    en choeur, bien sûr
    *esquive une tomate*

  12. christophe

    Les français n’ont pas abandonné les français du Canada comme il est dit en commentaire de Steven. Le fait est que les anglais ont foutu les français dehors arme à la main. De même comme ils voulaient faire disparaître les francophones, ils ont organisé une grande déportation sur tous les états américain pour diluer le français dans la soupe anglaise.
    Le Maine est bien placé pour un renouveau du francais avec la Québec au nord, et le Nouveau-Brunswick qui sont pas des province trés francophone…

  13. JG

    Bonsoir de Durham, NC!

    Sur le retour du francais dans le Maine faudra encore patienter.

    Justement, j’etais a Lewiston, ME l’ete dernier (tres beau le Maine pour ceux qui aiment la nature) et oui j’ai rencontre une dame d’environ 80 ans qui parlait francais (enfin le fancais franco-americain). Elle s’appellait Mme. Laporte (c’etait ecrit sur son joli petit badge, je m’en souviens ca m’avait marque). On m’a indique que la messe dans une des eglises etait encore celebree en francais (j’ai pas teste).

    A part ca, vaut mieux savoir s’exprimer en anglais ou alors se preparer a mourir de faim et de soif. C’est une terre anglophone a presque 100%. Je suis pret a parler qu’on y parle plus l’espagnol que le francais dans le Maine.

  14. BILLAUDEAU

    Les BILLAUDEAU de FRANCE proposent une grande rencontre à leurs homonymes BILODEAU d’Amérique du Nord du 25 août au 5 septembre 2007. et un voyage est organisé au départ de MONTREAL.

    Le GRAND RASSEMBLEMENT aura lieu le 2 septembre 2007 au Château de la Grève à ST MARTIN DES NOYERS (Vendée) FRANCE. Il est organisé sur le thème de la généalogie et de la culture poitevine.

    Les BILODEAU de l’état du Maine seront les bienvenus.

    Pour plus d’informations prendre contact avec
    Danièle BILLAUDEAU dbdb@wanadoo.fr pour la FRANCE
    André BILODEAU abilodo333@hotmail.com

    Au plaisir

Commentez :