Obama08

Allemagne 2006

par Jerome ITU ~ 05/06/2006, 23:29 . Classé dans : Culture US .

 La Coupe du Monde de football commence cette semaine en Allemagne.

L’événement va enflammer toute la planète, sauf les Etats-Unis. Une exception bien étrange dans ce pays pourtant fou de sport. Les sports-rois y sont le foot sauce américaine, le basket-ball et le base-ball, ainsi que le hockey sur glace à un degré moindre. Pour notre foot à nous, dédaigneusement appelé “soccer” là-bas, point de salut en dehors des communautés hispaniques ou européennes.

Cette situation est d’autant plus ubuesque que pratiquement chaque américain aura tapé dans le ballon rond pendant son enfance, le soccer faisant partie intégrante des programmes sportifs en collège-lycée. Mais voilà, une fois grands, les américains s’en désintéressent royalement. La faute, sans doute, à une exposition télé rachitique et à un championnat local des plus médiocres. La fameuse coupe du monde de 94, 12 ans plus tard, aura finalement consacré cet échec et ce désamour étatsunien.

Qu’à cela ne tienne pourtant, le New York Times a décidé de consacrer une rubrique spéciale à cette étrange coupe du monde, avec, notamment, un article sur les possibilités de l’équipe nationale, classée numero 5 mondial par la Fifa, de réitérer l’exploit de 2002 : un accès inespéré aux quarts de finale (à mon sens, pas si inespéré que ça, vu l’état de préparation des équipes européennes, France en tête). Et pour rester en prise directe, le journal propose même un blog, World Cup 06.

Le passage en revue des prétendants au titre ultime, “If not Brazil, who?“, vaut son pesant de cacahuètes, je ne peux m’empêcher de votre reproduire l’intégralité de l’analyse des chances de nos bleus :

FRANCE
The good news is that the French can hardly do worse than they did four years ago, when they arrived as defending champions and departed three games later — winless, goal-less, joie-less. Then as now, they relied heavily on the talismanic presence of Zinédine Zidane, a three-time FIFA World Player of the Year and the linchpin of Real Madrid’s famed galácticos. Having hobbled away from international competition in 2004, Zidane un-retired last year after all of France begged him to return as Les Bleus struggled to qualify for Germany. “God is back,” said Thierry Henry, a celestial talent in his own right. But the question remains: has Zidane, now 33, gone from galáctico to geriatrico? And how many of his fellow countrymen — like Claude Makelele and Lilian Thuram, 33 and 34, respectively — have also passed their sell-by dates? It falls to the great Henry, a sprightly 28, to ignite the French attack, but although he has been electrifying with Arsenal, his professional team, he has yet to display the same form for France.Sacré Bleus!

Hé oui, c’est sûr, il sera bien difficile de faire pire qu’en 2002.
Même si c’est oublier certaines circonstances malheureuses dont peu d’équipes auraient pu faire abstraction : blessure de Pires, préparation tronquée, blessure de Zidane pendant le dernier match de préparation, expulsion de Henry au tout début du second match de poule, et une malchance chronique avec des frappes sur les poteaux. Là, les bleus, mis à part au niveau des gardiens de but, semblent bien dans leurs baskets et tout dépendra de la force du collectif qui émergera dès le premier match contre les suisses. Mais je sens bien le truc, personnellement. Comme un avant-goût type 98, pour tout dire, où, rappelons-nous, personne ne nous attendait.

Newsweek, dans son édition internationale n’est pas en reste non plus.
Le magazine publie l’article fleuve d’un américain mordu du ballon rond, Henry Kissinger himself. Il relate les évolutions du foot, en explique les particularités et revient sur les 7 finales (?) de coupe du monde auxquelles il a personnellement assisté :
>> World of Wonder

Mais s’il faut expliquer le football aux américains, si perplexes devant ce jeu trop peu virile à leur goût, le mieux est de commencer par son incongruité première : l’éventualité très probable qu’un match puisse se terminer sur un score vierge, 0-0, sans que le spectateur ne s’en offusque. Pis, là où l’américain aurait la sensation de s’être fait voler la valeur de son ticket d’entrée, le puriste aura pu prendre son pied au travers de grandes envolées techniques et le supporter s’extasier sur la performance de sa petite équipe, face à un adversaire présumé bien supérieur.

Les Bases : Where Nothing-Nothing Is Something (où rien à rien, peut signifier quelque chose) :

If history is any judge, at least a couple of the first-round matches at the World Cup, which begins Friday in Germany, will end right where they started: 0-0.

Isn’t there something wrong with that?

At most American sporting events, the very idea of a tie, let alone a scoreless one, seems like a sham — I went to the stadium and all I got was this lousy ticket stub? There’s no tying in baseball — or in basketball or college football, for that matter.

Yet for some soccer purists, a scoreless tie, while not necessarily a well-played game, is not automatically a dud, either.

“Football is a game of 90 minutes, not a game to see who’s won,” Martin Mazur, of El Gráfico, an Argentine sports magazine, wrote in an e-mail. “I don’t mean to disrespect other sports, but most of them are prepared as a spectacle: you can always go for popcorn and come back to see the last three minutes.”

By contrast, he wrote, in soccer, “you can get bored, but blinking perhaps means missing the best move of the whole game. It can happen in the first or in the last minute.

2006 ne sera donc encore pas l’année du football aux US.

Bon, vous avez bien un petit pronostic de votre côté, sur le futur vainqueur et sur le parcours des bleus ?

11 Réponses sur Allemagne 2006

  1. Vinvin

    Excellent post !

    Pour mes pronostics, je te renvoie juste à mon dernier épisode (bonjour america) qui ne parle que de cela.

    :-)

  2. farf

    Sont bien finalement ces américains. Ca a été les premiers à se rendre compte que le foot était un sport féminin totalement inintéressant.

  3. McFlan

    Perso. ce que j’adore aux USA, c’est qu’on peut se ballader en tenue de football dans une ville ou un stade – alors même que l’équipe est adversaire de cette ville ou de cette partie du stade – sans se faire insulter ou taper dessus.
    Vous allez me dire … certes, c’est normal, en France le Rugby c’est pareil, etc.
    Pourtant non, il faut comparer ce qui est comparable: deux sports en sur-exposition médiatique.
    Quant à l’équipe des USA, je la trouve très bonne. Elle a l’avantage d’être moins fatiguée que bcp d’autres grandes équipes. D’ailleurs, si je devais acheter un maillot de foot, ce serait celui des USA.

  4. transall

    Bonsoir,

    Pour être honnête, il faut bien reconnaître que de ce côté ci de l’Atlantique le football américain et le base-ball relèvent aussi de l’anecdote.

    Aussi loin que je me souvienne, il ne me semble pas avoir entendu quiconque parler de ces deux sports lors d’une discussion entre collègues lors de la pause déjeuner.

    Je sais bien que quelques chaînes sportives retransmettent quelques rencontres, mais cela ne passionne pas le français moyen et c’est un euphémisme.

    Aucune comparaison en tout cas avec les échanges (parfois animés) que peut provoquer le “football”, surtout en ce moment…

    Amitiés,

    Didier

  5. JG

    Tout a fait d’accord avec toi Jerome c’est completement paradoxal, alors que tous les jeunes pratiquent le foot a l’ecole, une fois adultes tout le monde oublie le ballon rond.

    La couverture mediatique qui est tout de meme correcte (ESPN, ABC en anglais et Univision en espagnol) souffrira du fait que la plupart des matches seront diffuses en pleine journee decalage horaire oblige.

    Il faudrait de nouveau une coupe du monde organisee en Amerique Latine afin de booster l’interet pour le foot aux US.

    Par contre l’equipe de foot elle est tout a fait correcte. Elle a de bonnes chances d’aller loin et de surprendre tout le monde.

    Ca c’est sur ce serait le meilleur moyen de developper ce sport aux US.

  6. Jérôme

    Suffit que j’écrive un billet porteur d’espoir sur cette compétition, pour que tout se passe mal, encore, dans le dernier match de préparation.

    Après Zidane contre la Corée du Sud en 2002, voilà Cissé qui se blesse, encore bien plus grièvement, contre la Chine. Une malédiction asiatique ?

    Damn it !

  7. Marek

    Comme le rappelle JG, ABC et ESPN prévoient tout de même de montrer tous les matches en direct + des émissions avec des analyses et cie. Il me semble avoir lu que ce n’était pas le cas auparavant (sauf en 94 sans doute), et en tout cas ces chaînes misent sur un intérêt progressif des US envers le soccer.

  8. tokvil

    a la cafet du campus. Il y avait un pele et trois tondus pour regarder le premier match.

    J’ai vu dans le centre ville un americain vetu du maillot de l’equipe de france. Il etait assez positif sur le pronostique des bleus.

    y a aussi qqch qui joue en la defaveur de la mediatisation du mondial 06, le decalage horaire. Les match sont diffuses pendant les heures de travail, ce qui n’incite pas les gens a regarder les matches.

  9. Marek

    Bon, moi je persiste. Certes je suis à DC où les gens sont très internationaux. Mais quand même, les matches passent en boucle dans la moitié des bars de la ville. J’ai discuté “Soccer” avec des Américains ce soir.

    On s’en fout pas ici, et allez la Pologne!

  10. Jérôme

    Marek,
    C’est bien de garder le moral après un aussi mauvais premier match ;-)
    La suite va être compliquée pour la Pologne…

    Mais où est passée la grande équipe polonaise des années 80 (celle qui nous avait battu pour la troisième place en 82 et qui était venue nous battre 4-0 au Parc des Princes quelques semaines plus tard) ?

  11. Marek

    Ben, c’était y’a 20 ans, ils sont tous à la retraire maintenant :D

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