Obama08

Guantanamo : plus de journalistes.

par Jerome ITU ~ 15/06/2006, 06:37 . Classé dans : Politique US .

Sur ordre direct de Donald Rumsfeld, tous les journalistes indépendants ont dû quitter la base militaire US, ce mardi :

NEW YORK In the aftermath of the three suicides at the controversial Guantanamo prison facility in Cuba last Saturday, reporters with the Los Angeles Times and the Miami Herald were ordered by the office of Secretary of Defense Donald Rumsfeld to leave the island today.

Pourquoi une telle décision ?
Hé bien, tout simplement parce que des médias américains non-présents à Gitmo menaçaient le Pentagon de poursuites judiciaires, s’ils n’étaient pas autorisés à envoyer eux-aussi leurs reporters pour couvrir ces suicides. Donc, entre autoriser plus de journalistes sur le site ou retirer ceux déjà présents, Rumsfeld a vite fait son choix :

“While admitting that Gordon’s piece had caused “controversy,” he asserted that the move was related to other media outlets threatening to sue if they were not allowed in,” Editor and Publisher wrote.

Essentially, the Pentagon says that it began receiving complaints from other news agencies who felt the Herald and the Times were getting more access than they were. Given two options — to allow more reporters, or to remove the existing reporters — they chose the latter.

On se doute de combien le Pentagone doit trembler à l’idée de telles poursuites. La transparence n’a jamais été à l’ordre du jour à Gitmo.

Et dans le même temps, George Bush annonçait, placidement, sa volonté de fermer Guantanamo. Certes. Mais à choisir, ça se ferait plutôt à l’abri des regards !

En attendant, la côte de popularité des Etats-Unis dans le monde baisse encore. On se demande bien pourquoi…

5 Réponses sur Guantanamo : plus de journalistes.

  1. tokvil

    ca s’appelle une solution extreme.

  2. KaM

    ..Y para el cruel que me arranca
    El corazon con que vivo
    Y para el cruel que me arranca
    El corazon con que vivo
    Cardo ni ortiga cultivo
    Cultivo la rosa blanca

    Guantanamera
    Guajira Guantanamera
    Guantanamera
    Guajira Guantanamera…

  3. transall

    Bonjour,

    Sur le fond, je crois pouvoir comprendre l’utilité qu’avaient les USA de regrouper et interroger (j’ai bien dit “interroger”) en un même lieu les personnes qu’ils jugent susceptible d’atteinte à leur sûreté nationale.

    Pour autant, dès lors qu’un tel lieu existe, est connu de tous et échappe à tout contrôle, il est inévitable que la polémique survienne très rapidement.

    Ce qui me gène le plus dans cette histoire, outre le fait que les USA s’affranchissent allégrement des conventions internationales (mais déjà en soi une convention sur la guerre est quelque chose d’anachronique), ce sont les motivations profondes des journalistes qui menacent de porter l’affaire en justice.

    Je ne suis pas sûr en effet que celles-ci soient la défense des libertés individuelles, aussi parierai-je plus sûrement sur des visées nettement plus mercantiles et de concurrence à la course à l’audience.

    Pour rassurer les ronchons, je dirais que si c’était la France qui se trouvait à la place des USA dans cette situation, nul doute que la problématique serait exactement la même entre journalistes. Je crains fort, en effet, que les valeurs journalistiques ne soient plus ce qu’elles étaient, ou devraient être, quel que soit le pays concerné (tout comme ce pauvre baron de Coubertin se retourne dans sa tombe quand il constate ce qu’est “l’esprit olympique” aujourd’hui).

    Ainsi va le monde…

    Amitiés

    Didier

  4. mad

    Didier : nous ne jugeons nos terroristes devant des juridictions civiles depuis la dissolution de la cour de suretée de l’état, dans les années 1960.
    de même que nos militaires répondent pareillement à des juridictions, qui si elles sont spécialisées, sont civiles, avec des juges civils (qui recoivent quand même un grade protocolaire dans l’armé je crois) et l’application des lois civiles (et des réglements militaire pour les question de discipline).

    Vous dites : “Si la France était confrontée à une “telle situation” ” mais vous semblez oublier qu’on a eu droit à nos attentats nous aussi, et même plus que notre part entre l’OAS, les bretons, les corses, l’extrême gauche, l’extrême droite, les islamistes et j’en passe des pas plus mures…, on n’a pas pourtant enfermé tous les chauves corses bedonants portant des lunettes fumées et des fringues noires à St Pierre et Miquelon, ni sur un terrain vague loué en angleterre (d’aucuns le regrettent d’ailleurs).

    De plus, désormais, à part le comité international de la croix rouge -qui est statutairement tenu au silence- personne n’a plus le droit de pénétrer à G.Bay sans obtenir une autorisation préalable de l’administration américaine. Personne, même Parlementaire, avocat ou contrôleur (mais comme les américains n’ont signé aucune convention sur le sujet, et qu’ils refusent d’appliquer celles qu’ils ont signé et qui pourraient convenir).
    La seule solution est d’accepter un “tour” guidé, ou il est interdit de parler avec les personnes qu’on vous présente comme prisoniers, de s’assurer de leur identité, de quitter les accompagnateurs, de parler etc… En gros, les observateurs extérieurs on droit à l’équivalent de la Réserve africaine de Sigeant, la joie des gosses et le magasin de souvenir en moins (enfin, pour le magasin de souvenir, mon petit doigt chauvin me reproche mon obtimisme).

    Alors, non, la situation n’est pas du tout comparable. pas du tout.

    Enfin, sur les motivations des journalistes, oui elles sont aussi vénales, mais aprés tout ils ne sont pas fonctionaires, et c’est probablement mieux ainsi, et avouez que lorsqu’on vous parle d’acte de guerres asymétriques (sic) à propos de suicides, ca ouvre des portes à l’imagination.

    blogesquement,

    mad.

  5. Jérôme

    Rectificatif : il y a bien des journalistes encore à Gitmo. Il leur faut juste être “fair and balanced” :

    http://thinkprogress.org/2006/06/23/fox-gitmo/

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