Circoncision
par Jerome ITU ~ 18/06/2006, 12:38 . Classé dans : Culture US .A Chicago, un petit garçon de 8 ans est au centre d’une violente polémique.
Ses parents, divorcés, s’affrontent autour de sa circoncision :
The child’s mother wants him circumcised to prevent recurring, painful inflammation she says he’s experienced during the past year. But the father says the boy is healthy and circumcision, which removes the foreskin of the penis, is an unnecessary medical procedure that could cause him long-term physical and psychological harm.
“La mère de l’enfant le veut circonci pour empêcher les inflammations douloureuses et récurrentes qu’elle dit qu’il a éprouvé durant l’année dernière. Mais le père dit que le garçon est en bonne santé et la circoncision, qui enlève le prépuce du pénis, est un procédé médical inutile, qui pourrait lui causer du mal physiquement et psychologiquement à long terme.”
Voilà bien une chose que je n’ai pas comprise lors de mon séjour aux US. Mais alors pas du tout.
Pourquoi ce “big deal” avec la circoncision ?
Des séries télé, comme Sex in the City - donnant le point de vue des femmes, certaines refusant de “fréquenter” des hommes non-circoncis -, Friends - quand le personnage de Joey veut inverser maladroitement la procédure pour décrocher un rôle -, ou encore Nip/Tuck - qui a traité le mal-être de l’adolescent, effrayé d’être rejeté par les filles de son âge par la faute de sa non-circoncision -, ont abordé le sujet et démontré son importance dans la psyché américaine.
Il semble que la grande majorité des mâles américains y a droit dès la naissance. Et pas forcément pour des raisons religieuses (je vous vois venir). Une rapide recherche sur Google donne pourtant des points largement négatifs : risque médical, plaisir sexuel diminué chez les deux partenaires, etc… Ce petit bout de peau a bien des avantages fonctionnels. Et les raisons ancestrales et historique à l’origine de cette pratique (hygiène et protection contre les maladies), sont même depuis longtemps caduques.
Moi, je vous le dis tout de suite, je refuserai d’être ainsi mutilé à la naissance, sans que l’on me demande mon avis ! Et je le refuserai encore aujourd’hui, non mais. Pas touche !
Mais pourquoi cette pratique est-elle si populaire au pays de l’oncle Sam, vous avez une idée ?
Et vous, mesdames, vous êtes aussi concernées après tout, quel est votre avis sur ce sujet hautement sensible ?






18/06/06 à 19:53
All I can say is that I am glad that I had a daughter and not a son, because I am not so sure what I would have done. My husband at the time came from a family that was very sold on circumcision. I kind of like the “cut” look myself, but that’s a personal opinion. I can’t believe I am writing this here but, hey, you asked the question!
But yes, I do find the practice somewhat barbaric.
18/06/06 à 20:42
Oui c’est ce que j’avais remarqué dans les séries que tu as cité, et je m’étais posé la question pourquoi en France, la circoncision n’est réalisée que dans un but quasi-religieux.
18/06/06 à 21:08
//et je m’étais posé la question pourquoi en France, la circoncision n’est réalisée que dans un but quasi-religieux.//
Ben moi je me pose plutôt la question inverse, pourquoi une telle pratique est-elle tellement répandue aux EU dans des buts autres que religieux? C’est irréversible (plus ou moins), les bénéfices sont plus que contestables, les risques de complications ne sont pas nuls et (j’imagine, forcément) que ça doit être fichtrement douloureux. Même et a fortiori à huit jours.
(j’ajoute à la liste des séries citées un épisode d’Urgences dans lequel Benton est furieux que la mère de son fils l’ait fait circoncire sans son accord)
18/06/06 à 22:44
Oh thanks, Elisabeth.
I was hoping for such a direct answer and you did it. Thanks ;-)
Ne serait-ce pas une pratique qui perdure aujourd’hui, à cause de cette hantise américaine des microbes ? C’est la seule explication valable que je vois, pour ma part…
18/06/06 à 23:23
Oui je trouve ça vraiment incompréhensible ce délire de la circoncision en Amérique du nord.
Personnellement je suis contre toute mutilation génitale.
Les raisons en sont toujours religieuse, ethnique ou sortant de croyances sans fondements.
En Afrique on excise les filles sinon elle ne sont pas “pure” et inapte au mariage, n’importe quoi !
19/06/06 à 03:01
Je suis surpris que la raison de la circoncision aux USA ne figure pas deja dans les reponses. Come on, we’re in the USA; the reason is more than obvious! Je dois avouer que j’ai moi-meme ete surpris de l’ampleur de cette pratique lorsque je me suis installe aux States. J’ai donc joue au detective et pose une multitude de questions. Les americains d’un certain age (50+) m’ont donne des reponses que je qualifierais de concluantes… “Tu sais, les USA sont tres prudes. C’etait pire avant, si il est possible de concevoir que la situation ait ete pire…La masturbation etait extrement tabou, une activite a eviter a tout prix. La circonsision etait percue comme une methode rendant la masturbation inconfortable et le plaisir moindre. Pour justifier cette mutilation, des raisons medicales ont ete invoquees (hygiene…).” Voila Jerome, j’espere que j’ai fourni une reponse concluante a ta question.
19/06/06 à 04:21
Selon une etude de chercheurs il parait que la circoncision diminue le plaisir sexuel. Heureusement ils ont invente la “reverse circoncision”: c’est une technique qui consiste a se mettre une epingle a linge sur le bout du penis pour restaurer la peau a son etat naturel.
Il y a encore aux USA 50% des gens qui se font passer le penis a la guillotine, et il parait que c’est douloureux.
19/06/06 à 08:42
Oulà…
Il y a des choses que je ne peux pas laisser passer. Qu’il y ait un débat sur le bien fondé de la cironcision, pas de problème. Mais de là à la comparer à l’excision alors là non et encore non !! Il n’y a aucun rapport. Dans un cas, il ne s’agit que qu’un morceau de peau et de l’autre, il s’agit du clitoris.
Et puis la justification de la circoncision pour eviter la masturbation…je trouve cela tres bof (c’est peut-être une motivation chez certains parents, mais je ne pense pas que ce soit le cas pour la majorité)et cela ne m’a jamas gêné quand j’étais ado. De plus, je pense au contraire que la circoncision met obligatoirement à un moment donné le sexe en avant (forcément on y touche) ce qui amène à poser des questions sur le pourquoi on fait cela et aussi sur la sexualité. Il me semble que chez les puritains, il faut tout faire pour cacher le sexe, presque l’oublier. Au contraire, la circoncision met, pour quelques temps, le sexe au centre les préoccupations. Je crois plutôt que chez nos amis américains, c’est la question de l’hygiène qui domine (après je vous laisse juge du bien fondé de circoncire quelqu’un pour des raisons d’hygiène).
Pour ce qui est des complications, encore une fois, sans faire d’empirisme, la plupare des hommes et garçons de mon entourage (et moi-même) sont circoncis et je n’ai jamais entendu parlé de complications…D’ailleurs, je serait curieux de connaître le pourcentage de complications lors des circoncisions et celui des hommes non circoncis qui attrappe un jour une infection (même petite) à cet endroi.
Enfin, concernant le plaisir, je ne peux evidemment pas comparer mais il n’y a pas de problème de ce coté là.
19/06/06 à 14:16
Je suis très en accord avec David — il n’y a pas de comparaison entre la circoncision et la “circoncision féminine”. Si on tranchait carrément la bite et on laissait 2cm pour éventuellement baiser sans plaisir, ce serait plus semblable.
Il paraît qu’il yait des avantages et désavantages médicales des deux côtés. Surtout dans les pays ou le SIDA est très répandu, il semble que chez les hommes circoncis, le virus a moins d’opportunités de s’implanter. Pourtant il est vrai que la circoncision introduit un risque d’infection assez important.
Ma femme et moi ont agonisé avant de faire circonscire notre fils. On l’a fait faire par un mohel (ce qui, dans la tradition juive, fait circonscire les petits garçons) qui était aussi médecin (pour éviter toute conséquence médicale). Mais finalement c’était pour des raisons “réligieuses” (je mets entre guillemets parce qu’on est athées, même si juifs.)
19/06/06 à 14:45
Ben tiens, j’ai toujours pensé que, mis à part pour des questions religieuses ou médicales, l’unique but de la circoncision était esthétique. Esthétique fortement influencée par l’imagerie érotique et la pornographie d’ailleurs… un pénis circoncis comme critère de beauté en somme.
Mon avis c’est que chacun à le droit d’user de son corps comme il l’entend. Mais je ne comprends pas pourquoi on fait subir ça à un enfant! Qu’on lui laisse l’opportunité de choisir quand il sera plus grand, il s’agit de son anatomie quand même!
19/06/06 à 16:20
Jerome: ton poste tombe a pic.. gros debat sur la question. Si je me marrie avec un americain on va certainement s’etriper.
Christophe : on m’a toujours dit “c’est pour des raisons sanitaires/ d’hygiene”. je pense que c’est le cas effectivement… si on ne se lave pas!!
Du coup les europeens passent une fois de plus pour les vieux crados moyennageux..
19/06/06 à 16:35
C’est bien simple, je me considère comme un produit Bio. Car oui, j’ai encore mon “foreskin”.
Respect Life!
Respect the Cock!
Respect the Foreskin!
Ben, CEO of the FPAC (French People Against Circonsision)
19/06/06 à 19:42
Petite note a l’intention de Jerome: Felicitations, tu as trouve le sujet qui fait remonter l’audience. ;-)
19/06/06 à 22:04
NoComment,
C’est ça, l’expérience du blogger ;-)
Non, sérieusement, c’est un sujet que je souhaitais aborder depuis longtemps mais je n’osais pas, tout simplement. Maintenant que ITU est devenu plus confidentiel, c’est plus facile d’explorer les limites !
Ceci dit, toutes les raisons avancées ici me paraissent peu convaincantes, même si je suis gré à tout le monde d’avoir franchi le pas de commenter sur ce sujet difficile. Le choix, je n’en démord pas, doit en rester à l’individu concerné. Même si, évoluant dans ce genre de contexte social, le choix n’en est plus un (comme pour l’ado de Nip/Tuck qui finit par s’auto-mutiler)…
BTW, bienvenue au FPAC !!
Comment on adhère ?
19/06/06 à 23:02
Bonsoir,
Je ne suis pas juif et ne dispose donc pas des connaissances nécessaires pour comprendre tout ce qui touche à l’aspect religieux de la circoncision.
Dès lors, je me bornerai donc à émettre quelques idées qui me paraissent de bon sens (mais chacun a sa propre notion du “bon sens”, c’est bien connu), sans discrimination.
Tout d’abord, et je rejoins certains commentaires ci-dessus, il me semble en effet qu’il s’agit d’une mutilation au sens où l’on retranche une partie du corps sans consentement de l’intéressé.
Dans la mesure où il s’agit d’un enfant, cet acte me paraît difficile à cerner même si je conçois qu’il y ait une tradition et des siècles d’histoire derrière tout ceci.
N’est-il pas sain à un moment donné pour une religion, quelle qu’elle soit, de redéfinir ses règles et de les adapter à l’évolution des mentalités et des règles de santé?
Ensuite, concernant l’utilité pratique de la circoncision, il est possible effectivement qu’un aspect hygiénique prévale pour certaines personnes, là où d’autres y verront avant tout une affaire de religion. Très honnêtement, il me paraît difficile de n’avoir pour seul justificatif que l’hygiène, car des individus non circoncis peuvent avoir une hygiène tout à fait correcte dès lors qu’ils prennent la peine de se laver tout bonnement (savon ou crème, là c’est eux qui choisissent…).
Bref, sur ces bases ma conclusion serait donc qu’il me paraît un peu anachronique d’opérer encore aujourd’hui un enfant qui n’est pas, par définition, en état de donner son consentement, sans nécessité médicale (sur ce dernier point, je pense notamment au phymosis, à l’orthographe près).
Bien entendu, ceci ne vaut pas vérité avec un grand “V”, mais puisque notre avis est souhaité, je le donne…
Amitiés
Didier
19/06/06 à 23:25
D’après Wikipedia :
Aux États-Unis, au XIXe siècle, on a promu l’idée que la masturbation était dangereuse, mais que la circoncision permettait de la limiter. Certains prétendaient qu’elle la rend moins agréable ou alors plus difficile (voir à titre d’exemple Portnoy et son complexe de Philip Roth). C’était la raison initiale du développement massif de la circoncision des enfants aux États-Unis. En ce qui concerne les petites filles, on a parfois pratiqué l’excision du clitoris ou du moins de son capuchon.
Je ne sais pas si cela fera avancer le débat ;-)
20/06/06 à 00:00
Vincent: de l’eau a mon moulin. Les reponses que m’ont donnees ces americains d’un certain age (50+) semblent rejoindrent cet article. De mon cote, quelle que soit la raison: idee preconcue, hygiene, esthetisme, religion ou puritanisme, je ne peux approuver la mutilation d’un enfant…
20/06/06 à 00:13
si je pourrais ajouter une autre suggestion..l’importance (quoique selective) de l’ancien testament dans le christianisme- style americian.
apres ca, je dirais que la plupart des parents la choississent pour que leur fils soit ‘comme des autres.’
20/06/06 à 01:00
Je n’ai pas du tout du mal à croire que la peur de l’onanisme fut derrière la promulgation du circoncision aux E.-U.
20/06/06 à 01:38
De ce que je peux en savoir les raisons d’un tel “succès” sont multiples et ont toutes été evoquées plus haut. La religion: ignorer son rôle dans un pays tel que les EU tiendrait de l’hérésie, la prévention de la masturbation qui en découle directement, s’en est suivi une justification pseudo scientifique vis à vis de l’hygiene qui malgré des articles nombreux à encore la vie dure, et last but not least “etre comme les autres”. La circoncision est devenue un genre de tradition. J’avais cru comprendre que pendant une periode (et peut etre est-ce encore le cas aujourd’hui) la circoncision etait au-to-ma-ti-que, le docteur coupait à la naissance sans même demander l’avis des parents (cf. hygiene). Un enfant non circoncis apparait donc dans ce cas rapidement comme un freak, et le syndrôme du vestiaire, que nous les hommes connaissont bien, est déplacé sur un bout de peau. C’est effectivement une affaire d’esthetique mais pas vraiment au sens où on l’entend.
20/06/06 à 02:02
Les arguments de l’hygiène existent toujours, mais il ne faut pas oublier une des raisons majeures pour laquelle bien des parents américains continuent à faire circoncir leurs fils : le conformisme.
Le pénis circoncis étant la norme aux Etats-Unis, de nombreuses Américaines - y compris celles des jeunes générations - considèrent parfois les pénis non-circoncis comme bizarres, laids et vaguement repoussants. De nombreux parents veulent éviter à leur fils la mésaventure de se faire rejeter par une jeune Américaine à cause de son prépuce (ça arrive en effet), et donc choisissent la voie du conformisme en le faisant circoncir.
La pratique est certes moins systématique de nos jours, mais elle reste la norme.
20/06/06 à 02:43
Choppé sur Wikipedia:
Lorsque le pénis intact est à l’état de flaccidité, les principales zones érogènes que constituent le gland et la face interne du prépuce sont protégées des frottements et du dessèchement, ce qui évite leur stimulation en dehors des activités sexuelles, préserve leur sensibilité et les maintient dans leur état naturel de muqueuses.
L’ablation du prépuce prive le pénis de cette protection ainsi que d’une partie significative de ses zones érogènes (anneau prépucial, partie de la muqueuse interne du prépuce, parfois étendue au frein tout entier), avec pour conséquences, l’élimination des terminaisons nerveuses associées et, du fait de la kératinisation de l’épithélium, la diminution de la sensibilté de celles qui ne sont pas supprimées. Conséquence probable : perte d’efficacité des fonctions sensorielles du pénis en tant que zone érogène, ce qui peut expliquer une diminution de la satisfaction sexuelle, dans des proportions variables, mais une perte de plaisir qui peut atteindre 80% selon de nombreux témoignages d’hommes circoncis à l’âge adulte.
L’absence de protection, à l’état de flaccidité, des zones érogènes épargnées, a aussi pour conséquence, une stimulation inopportune de ces récepteurs sensoriels durant les activités quotidiennes, par suite notamment du frottement contre les vêtements, qui peut être ressentie comme désagréable par certains, voire pertubatrice, dans la mesure où l’organe sexuel ne se laisse plus oublier.
Lorsque le pénis est en érection, le prépuce déplié fournit la réserve de peau nécessaire pour s’accommoder à l’allongement du membre masculin et maintenir un manchon de peau mobile qui joue un rôle essentiel dans les mouvements liés à l’activité sexuelle : le va-et-vient répété au cours du coït ou de la masturbation. S’il y a un manchon de peau mobile, le mouvement de coulissage se traduit par un roulement de peau et muqueuse sur les corps caverneux et le gland, pratiquement sans friction, induisant une stimulation particulière qui peut être prolongée sans dommages.
En l’absence du manchon de tissus mobile, la peau est tendue, parfois à l’excès jusqu’à empêcher que l’érection soit complète, et le va-et-vient se traduit par le frottement de la surface extérieure du pénis contre une surface étrangère (paroi du vagin, main…), pouvant conduire à une irritation, voire à la blessure au cours de l’activité sexuelle, en particulier au niveau de la cicatrice due à la circoncision, mais aussi du vagin de la partenaire lorsque la lubrification est insuffisante. Cette perte de fonction induite par la circoncision peut aussi amener la nécessité de raccourcir la durée de la stimulation, ce qui pourrait également expliquer une diminution du plaisir sexuel.
Certains hommes circoncis entreprennent de restaurer leur prépuce par des techniques d’expansion de tissus ou par la chirurgie.
—
Ma conclusion: mesdames choisissez mais choisissez bien!! :)
2ème conclusion: quelle connerie que cette pratique !
20/06/06 à 06:29
Une fois de plus le Québec est une société distincte en Amérique du Nord
“Savez-vous ce que les Terre-Neuviens et les Québecois ont en commun? Je vous le donne en mille. De tous les citoyens du Canada, ce sont les mâles du Québec et de Terre-Neuve qui sont les moins circoncis; ce sont eux qui ont pu, mieux que les autres, préserver intact à la naissance, leur prépuce originel.
Professeur agrégé de clinique à l’Université de Montréal et chef du service d’urologie à l’hôpital Sainte-Justine, le docteur Pierre Williot explique que la circoncision est essentiellement un phénomène relié à la culture anglophone et que s’il s’en fait beaucoup moins au Québec que dans les autres provinces canadiennes, il s’en fait relativement moins aujourd’hui au Canada qu’aux États-Unis.
En mettant de côté les rituels religieux pratiqués chez les juifs et les musulmans, on comprend mieux le phénomène de la circoncision « médicale ». D’abord préconisée par les médecins britanniques sous le règne de la puritaine reine Victoria (pour enrayer médicalement les effets néfastes de la…masturbation infantile!), cette pratique s’est répandue ensuite dans tout le monde anglo-saxon, États-Unis compris. La majorité des pays européens ont par contre refusé d’emboîter le pas aux Britanniques, comme 80% des pays du monde d’ailleurs, qui n’effectuent la circoncision qu’en cas de stricte nécessité.
« Dans la majorité des pays européens, dit le médecin, c’est moins de 10% de la population qui aura besoin d’être circoncise. En Finlande, par exemple, la circoncision n’a été pratiquée que chez 1% à peine de la population. »
De 1% de la population mâle en Finlande à plus de 85% de la population mâle aux États-Unis en 1985, il y a là une forte marge! Où en sommes-nous au Québec? Selon un porte-parole d’Info-Circoncision (Eh oui ça existe!), le taux de circoncision au Québec en 1987 était de 3%, comparativement à 38% en Ontario. “
20/06/06 à 06:31
J’ai pas cité ma source, c’est une article de 95 du journal “La presse” de Montréal, lu sur le site d’info-circoncision pour tout savoir sur le sujet :-)
http://www.infocirc.org/bienven.htm
20/06/06 à 11:23
Xs, bravo pour le commentaire, c’est limpide, ca rejoint effectivement l’argument du puritanisme… Brr, je tremble à l’idée de ces frottements quotidiens.
Pour élever un peu le débat et faire pendant à la scène de Nip/Tuck, est ce que qu’il y a ici des couples “transatlantiques” qui pourraient nous dire comment la chose a été vécue (sans voyeurisme bien sur, seulement l’intérêt sociologique !) lors de leur 1er contact ?
20/06/06 à 15:35
Eczistenz, au moins on ne pourra pas me reprocher d’avoir composé un texte interminable :)
20/06/06 à 18:12
Français vivant aux Etats-Unis (mais circoncis pour des raisons médicales), j’ai moi-même entendu et rencontré nombre d’Américaines exprimant leur curiosité mais aussi parfois un certain dégoût pour les pénis non circoncis.
Cette réaction face à l’inconnu reste encore typique, et c’est la raison pour laquelle la pratique mettra longtemps à disparaître (si elle disparaît). Beaucoup de parents veulent éviter à leur fils les railleries ignorantes de leurs copains de vestiaires dans les douches ou le rejet par une petite Américaine convaincue que les pénis non circoncis sont des bouillons de culture.
21/06/06 à 06:30
Marie a une americaine et pere d’un petit bebe, nous nous sommes poses la question de la circoncision.
Ma femme m’a en realite laisse le choix de la decision. Du coup, on ne l’a pas fait circoncire.
N’etant ni juif, ni musulman, nous n’avons pas ete convaincu par les raisons medicales et avons prefere laisser le corps de notre enfant intact.
La pratique etant de moins en moins repandue aux US, il ne sera pas le seul dans ce cas, je ne pense pas que cela posera de pb plus tard.
21/06/06 à 06:41
Ce qui est marrant a la lecture des commentaires, c’est que l’on sait maitenant si chacun des intervenants reguliers de ce blog est circonci ou non! :) Trop bizzare…mais bon faut bien faire avancer le debat.
Pour repondre a Eczistenz, ma femme n’a pas ete surprise du tout par la “chose”. Elle n’a fait aucun commentaire. Etant donne qu’on s’est rencontre en France, elle devait s’y attendre. Ah la French Touch!
21/06/06 à 10:11
une etude sur le sujet:
http://sti.bmjjournals.com/cgi/content/full/82/2/101
21/06/06 à 16:08
Autre question que je me pose sur le sujet: Ca doit faire super mal. En general on fait ca a la naissance car parait il ca fait moins mal.
Arnaud H, Etais tu adulte lorsque tu as ete opere? as tu beaucoup souffert?
22/06/06 à 08:42
Et bien, je me posais la question d’une éventuelle circonsion au moins d’une ablation du frein, un peu court. Je ne pensais pas trouver des infos sur ce blog ! Mais cela m’a serieusement refroidi…
Je confirme que cela peut surprendre quelques américaines (séjour d’été dans une fac américaine dans les années 80) mais avec la French touch…
22/06/06 à 09:24
Continuons d’élever le débat d’un point de vue sociologique et anthropologique… c’est quoi la French Touch pour les américain(e)s ?
22/06/06 à 14:07
@ Rem, si j’etais toi je n’y toucherai pas. Ca reste quand meme une operation chirurgicale avec tout ce que cela implique.
A moins d’avoir une veritable raison medicale(problemes d’erection, infection, etc) ou religieuse, je ne pense pas que ce soit une bonne idee.
@ Ecziztenz: du parfum, des fleurs de temps en temps, des vacances en France, des fringues sympas, du francais murmure au creux de l’oreille durant les calins et hop c’est dans la poche.
Un truc qui l’impressionne a chaque fois, c’est ma capacite a choisir un bon vin quand on est au restau. Elle avait tendance a choisir le vin en fonction de la couleur de l’etiquette, j’ai change ca, maintenant c’est moi le sommelier de la maison. Ca l’a seduite.
22/06/06 à 16:09
Mon ami americain recuse absolument les termes “barbaries” et autres. Il me dit : “since the thought of an uncircumcised son whose penis would look different than my own (and, in America, from the majority of his peers) is a strange and difficult thought.”
Genial. et si tout le monde avait un tatouage sur le cul il faudrait faire le meme a son fils. Argument peu convaincant…. C’est tellement admis que les americains ne se posent meme pas la question en fait.
22/06/06 à 21:14
JG: //A moins d’avoir une veritable raison medicale(problemes d’erection, infection, etc) ou religieuse, je ne pense pas que ce soit une bonne idee.//
Et ce serait quoi une “veritable raison religieuse”?
On va plus vite au paradis? Dieu prefere quand on est coupe? Qu’en dit la Vierge Marie?
22/06/06 à 22:08
//Ce qui est marrant a la lecture des commentaires, c’est que l’on sait maitenant si chacun des intervenants reguliers de ce blog est circonci ou non! :)//
C’est clair que tout le monde a joué franc jeu.
//Argument peu convaincant…. C’est tellement admis que les americains ne se posent meme pas la question en fait.//
Clem,
loin de moi, l’envie d’interférer dans ton couple ! Mais finalement, on a bien là une vraie différence culturelle, source de bloquage.
//Et ce serait quoi une “veritable raison religieuse”?//
SF, tes enfants sont nés aux US, non ?
Quel choix a retenu le super héros au béret ?
Hum, je m’en doute bien ceci dit au vu de ton commentaire. Ils ne t’ont jamais remonté ce pb ?
22/06/06 à 23:29
Jerome: //SF, tes enfants sont nés aux US, non ?
Quel choix a retenu le super héros au béret ?//
Le beret? La calotte, tu veux dire?
3 enfants, dont 2 filles. Le garcon n’est pas circoncis. Ca n’a meme pas fait debat. Pas question de pratiques moyennageuses chez SuperFrenchie.
//Ils ne t’ont jamais remonté ce pb ?//
Pas du tout. C’est vrai que la ou on vit, il y a enormement d’etrangers et de gens tres ouverts, et il me semble avoir lu quelque part que le taux de circoncision par ici ne depasse pas les 60%, peut-etre moins. Il est donc en bonne compagnie.
23/06/06 à 05:15
mon mari estime qu’un penis non circoncis doit etre sale et il trouve ca aussi tres laid.. et pour lui, c’est une evidence d’avoir un fils circoncis… je ne me suis pas encore posee la question de quelque necessite que ce soit… le coup de la diminution du plaisir sexuel et les “justifications” arrierees, je ne connaissais pas.. et je suis sciee… (HA)
desolee les gars, mais je trouve ca beaucoup plus joli !
23/06/06 à 18:29
J’ai un phimosis et personellement mon prépuce , je m’en passerais bien , je vous assure que ça ne simplifie pas les relations sexuelles (et encore moin l’utilisation de capote… ). J’aurais été bien content si on m’en avait débarassé etant môme. Et je ne dit pas que je ne le ferais pas couper un de ces quatres ! :p
Cela dit , mon petit probleme ne touche pas énormement de male (j’ai déjà lu des chiffres genre 5 ou 6%…). Donc la circonsition systematique des la naissance ne me semble pas necessaire.
23/06/06 à 20:28
SF://Et ce serait quoi une “veritable raison religieuse”?//
Un conversion au judaisme par exemple.
Clementine: un site web sympa qui peut etre faire avancer le schmilblick entre vous : http://askdrsears.com/html/1/t012000.asp
Il aborde le sujet du tel pere tel fils.
07/07/06 à 00:31
Bonjour à tous
Je lis vos commentaires avec intérêt … Ayant le frein trop court j’ai dpu le faire couper - au moment de le faire le médecin m’a également proposé la circoncision … j’ai refusé et il m’a dit que de plus en plus de mecs le faisaient en Belgique …. mais j’ai demandé juste le frein … il m’a dit que je reviendrait pour le faire …. et … il avait raison …. j’en ai eu envie et je peux vous dire une chose JE NE REGRETTE EN RIEN de l’avoir fait et si c’était à refaire je le referais de suite.
Je ne peux donc que vous le conseiller - je comprends les polémiques, mais franchement laissons le choix et croyez moi il n’y a pas de quoi en faire un plat
Mon sexe est toujours propre ne sent pas pas de “fromage” look beaucoup plus sexy - pas de problème pour me masturber - parfait pour se faire sucer et je prends toujours mon pied …
Bien à vous,
Bernard
13/07/06 à 08:23
Et pourtant :
//Les Nations Unies envisagent la circoncision pour faire reculer le sida
Interview de Catherine Hankins, conseillère scientifique principale de l’Onusida
mardi 11 juillet 2006, par Habibou Bangré
Le journal médical Plos Medecine publie, ce mardi, l’étude « Impact potentiel de la circoncision masculine sur le VIH en Afrique sub-saharienne ». Ce document, basé sur une expérience en Afrique du Sud, indique que les hommes circoncis ont environ 60% de chances en moins d’être contaminés par le sida. Le Dr Catherine Hankins, conseillère scientifique principale de l’Onusida, qui a participé à la recherche, estime que les résultats sont « très prometteurs et encourageants »//
http://www.afrik.com/article10085.html
13/07/06 à 11:35
Oui mais la partie intéressante de l’article est à mon sens “Mais il faut aussi prendre en compte l’aspect religieux qui peut être lié à la circoncision, et qui favorise peut-être un comportement plus sain.” car en terme de données techniques il n’y a aucune explication, ce qui fait perdre un peu le caractère médical de l’étude
14/07/06 à 18:31
Après la circoncision pour lutter contre la masturbation, voici l’atrophie mécanique précosse des seins chez les filettes.
Une mère repasse (avec un fer à repasser) les seins de ses filles pour qu’elles soient moins attrayantes aux yeux des garçons et violleurs…
Dégueux…
http://news.yahoo.com/s/nm/20060711/hl_nm/breast_ironing_dc
22/07/06 à 21:35
Un peu (beaucoup) après la bataille, un éclairage intéressant fourni par Martin Winckler
http://martinwinckler.com/article.php3?id_article=701
05/08/06 à 00:38
“LE PROCES DU PREPUCE : NON COUPABLE !”
“Je ne donnerai pas de remède mortel.”
Serment d’Hippocrate (400 av. J.-C.)
Le grand principe médical est de ne pas nuire (”Primum non nocere”). Mais le texte de la prestation de serment du médecin est positif :
“Je respecterai toutes les personnes…”
“J’interviendrai pour les protéger
si… elles sont menacées dans leur intégrité… ”
Introduction
Comme Douglas Gairdner l’a mis en lumière 1, le prépuce était le grand absent des manuels de médecine en Angleterre, en 1949 :
“Quoique des dizaines de milliers de nouveau-nés soient circoncis chaque année dans ce pays, les informations essentielles ne sont rassemblées nulle part.”
Vingt cinq ans plus tard, aux Etats-Unis, Georges Wald, prix Nobel de médecine, dénonce la permanence de ce tabou 2 :
“Il est curieux - et révélateur - de voir le peu de personnes qui pensent à la circoncision… A un moment, en écrivant cet essai, j’ai parcouru les étagères de la bibliothèque de notre laboratoire de biologie, les livres sur les sens, la neurophisiologie et la neuronatomie, dont certains étaient des manuels de médecine. Je cherchais quelle information nouvelle il pourrait y avoir sur les réactions sensorielles du gland et du prépuce. Aucun de ces termes ne figurait dans les index d’aucun des ces livres.”
I Des inconvénients certains
A - Les dommages physiologiques
Un an après la découverte par Taylor 3 du rôle de l’extrémité du prépuce et de sa grande innervation érogène, Fleiss 4 donne une description précise du fonctionnement de cette partie de l’organe :
“Cette structure exquisément sensible, consiste en bandes concentriques étroitement plissées, comme les bandes élastiques du haut d’une chaussette. Ces plis extensibles permettent aux lèvres du prépuce de s’ouvrir et de rouler en arrière, découvrant le gland. La muqueuse striée donne au prépuce sa forme effilée caractéristique.”
Deux ans plus tard, Cold 5 suggère que le prépuce, présent chez les primates depuis 65 millions d’années, a connu chez l’homme une évolution très achevée. A la différence des singes supérieurs chez lesquels l’acte sexuel est extrêmement bref, du fait de la forte innervation érogène du gland, l’homme possède une innervation érogène de l’anneau de l’extrémité prépucielle décuplée par rapport à celle de la couronne du gland, le reste de ce dernier étant, selon Halata 6, “protopathiquement” insensible. Cependant, ceux qui penseraient qu’en supprimant le prépuce, on pourrait faire encore durer le plaisir, sautent aux conclusions, faute sans doute de savoir conclure, au bon moment.
1) Les dommages anatomico-sexologiques
La circoncision atteint la fonction sexuelle.
a - Anatomie : une importante perte sèche érogène et fonctionnelle
- 1° Le prépuce est, plus encore que le gland, la zone érogène majeure de l’homme. Fait pour la caresse, son épiderme extérieur est érogène à sec, sans irritation (il n’en est pas de même du gland, d’usage différent). Il est doté de tissus particulièrement étirables et est beaucoup plus abondamment et qualitativement pourvu que le gland en terminaisons nerveuses érogènes et tactiles qui en font, à la différence des lèvres ou de l’anus, une surface spécifiquement érogène 3, 5, 6, 7, 8 (par frottement et étirement, sans besoin de lubrification), complémentaire de celle du gland (par frottement, sous condition de lubrification).
Le mécanisme du prépuce : manchon, paupière ou bas ?
Le prépuce joue le rôle d’une paupière en forme de manchon, mais il n’est ni l’une ni l’autre puisqu’il ne glisse pas. Il est en réalité un store à double feuille, se déroulant sur lui-même par un mécanisme unique, redoublé par celui, interne, de l’anneau. En fin de course, il devient un simple bas coulissant sur la hampe.
L’accordéon d’amour : l’anneau et les anneaux élastiques
L’anneau de l’extrémité du prépuce coïncide avec la “bande striée” (visible après rétraction) découverte par Taylor 3. Il est irrémédiablement détruit par la circoncision. Assurant, par son rétrécissement terminal, le rôle des cordons d’une bourse, il contient les anneaux érogènes découverts par ce pionnier de l’histologie sexuelle. Ces anneaux, semblables à ceux du haut d’une chaussette, sont formés de cellules de chair tout particulièrement étirable, entrelacées avec une profusion de divers types de ces terminaisons nerveuses érogènes encapsulées. Instrument spécifique de l’autosexualité qui en use comme d’un accordéon d’amour, l’anneau, incluant le frein, est la partie la plus érogène de l’homme. Il vient d’abord, à la sollicitation, masser étroitement le gland sur toute sa longueur. C’est ensuite seulement qu’il soutient la comparaison avec l’accordéon.
L’amputation du prépuce (circoncision) prive l’homme des 2/3 de la surface la plus érogène du corps. Le prépuce contient 116 terminaisons nerveuses par cm2 9 et la circoncision détruit environ 90-120 cm2 (2 fois 4,5-5 cm sur 10-12 cm de diamètre). La perte est donc de plus de 10 000 terminaisons nerveuses. Mais ce chiffre est sous-estimé : Bazett et ses collaborateurs, dans leur étude, n’ont pas mentionné certains types de terminaisons nerveuses présents dans le prépuce 5.
Cold 5 a rappelé que les terminaisons nerveuses “encapsulées” sont spécifiquement érogènes. Elles doivent être distinguées des terminaisons nerveuses purement sensorielles. Situées dans l’anneau prépuciel et la couronne du gland, elles leur donnent un rôle majeur dans la sexualité. Or elles sont 10 fois plus nombreuses dans l’anneau. Ce dernier est ainsi la couronne de la couronne. Les amputés du prépuce ont perdu 90% de leurs plus précieuses cellules nerveuses sexuelles.
Celles qui aiment s’attarder aux préludes amoureux, si elles ont l’occasion de comparer, se rendent vite compte de l’énormité de la perte des circoncis, de la grande pauvreté de leurs sensations.
- 2° Moitié peau, moitié muqueuse, le prépuce n’est pas une peau mais une paupière protectrice, très richement vascularisée, comportant une musculation et des glandes lubrifiantes, antimicrobiennes et antivirales 7, 8. Débordant le gland chez l’enfant et souvent chez l’adulte, il le maintient humide et protège sa délicate muqueuse interne, tout particulièrement pendant la période des langes de l’enfance 10. Le créateur a pensé à tout : le prépuce ne devient rétractile que parfois très tard dans l’adolescence 1, 19. Forcer les choses serait nocif.
L’ablation détruit donc la paupière du plus sensible des organes du toucher masculin. La muqueuse fine, lisse et soyeuse du gland n’est plus protégée du frottement des vêtements, source d’irritation permanente, à l’opposé du confort naturel de l’indispensable fourreau, chaud et élastique. Elle devient une peau 10 fois plus épaisse 11, sèche, mate. D’après une étude biologique récente 12, le gland des entiers est de 25 à 30% plus sensitif.
Première conséquence, les circoncis ont besoin de stimulations fortes : ils ont plus fréquemment recours aux pratiques sexuelles marginales : sexualité anale ou orale, homophilie 9, 11, 16. L’amour est prévu muqueuse contre muqueuse - certains y voient une promesse d’échanges subtils - et non peau contre muqueuse : ce n’est pas un exercice de gymnastique ou de massage mais une démonstration de tendresse.
La deuxième conséquence de cette absence de protection, l’impuissance progressive - à divers degrés - est insidieuse : elle ne se révèle qu’à très long terme. Les cas en sont beaucoup plus fréquents chez les circoncis 11, 20, 28, 29. Ils sont ainsi nombreux aux Etats-Unis : 52% des 1 290 sujets pris au hasard d’une étude, âgés de 40 à 70 ans 20. Le succès du Viagra aux Etats-Unis, son échec relatif en Europe, n’ont pas d’autre explication. Nous pouvons prédire qu’il se vendra bien auprès des Africains et des musulmans aisés.
Troisième conséquence, les “restaurateurs” de leur prépuce ont suivi la voie ouverte par les athlètes juifs de l’antiquité, avant l’instauration de la peri’ah (circoncision poussée, incluant l’arrachement de la muqueuse interne). Ils sont maintenant nombreux aux USA et le mouvement gagne Europe. Leurs patients efforts (trois ans de pénibles étirements), l’immense satisfaction qu’ils éprouvent à récupérer la sensibilité de leur gland, sont la meilleure démonstration de la nocivité sexuelle de la circoncision.
Ceux qui ont été mutilés dans l’enfance se plaignent rarement : ils ne savent pas ce qu’ils ont perdu. Mais nombre d’adultes, circoncis le plus souvent avant leur mariage, regrettent amèrement la perte de sensibilité 13 et de plaisir. Bien qu’ils soient les seuls susceptibles de témoigner en pleine connaissance de cause des ravages provoqués par la circoncision, ils restent silencieux. Mais l’enquête de Fink 13, réalisée sur une population comportant 56% de noirs, renverse le mythe généré par des millénaires de déni, de vantardise et de rumeurs : la circoncision, même réalisée pour des motifs purement médicaux, ne fait que 50% de satisfaits.
L’anatomie confirme donc le savoir antique des cultures africaines mais tire la conclusion opposée. Le prépuce, mini-vulve portable, est bien la partie féminine de l’homme, avec la même fonction que le clitoris, celle d’outil érotique de l’autosexualité et des préludes amoureux. Comme le clitoris, il a un rôle relativement moindre pendant le coït, au profit de la caresse mutuelle des muqueuses de l’amour. Personne ne songerait à exciser le clitoris, personne ne doit mutiler l’homme de ce précieux instrument. Si la circoncision est un symbole de la castration, elle n’est pas une castration symbolique, mais bien une castration de la meilleure partie du sexe masculin.
b - Sexologie : des inconvénients pour l’hétérosexualité
Les arguments sexologiques ont été controversés.
Maïmonide écrit :
“Que la circoncision affaiblit la concupiscence et diminue quelquefois la volupté, c’est “une chose dont on ne peut douter.” 14
De fait, les circoncis ont, outre-Atlantique, une médiocre réputation sexuelle. Elle est inverse en Europe et dans les pays pratiquant traditionnellement la circoncision : dans ce domaine, les rumeurs abondent.
Les exégètes de la Bible ont également affirmé que les hommes intacts sont de meilleurs amants :
“La femme qui s’est livrée à l’amour avec un incirconcis peut difficilement se séparer “de lui.” 15
Séphora a ainsi préféré Moïse aux circoncis de sa propre tribu (Exode, 4 : 24-26).
Trois études récentes, menées sur des échantillons malheureusement non tirés au hasard, confirment ces observations empiriques. Les deux premières portent l’une 16 sur 139 femmes, l’autre 17 sur 35 femmes, ayant eu des rapports avec des circoncis et des entiers, la troisième 18 sur des hommes mariés avec la même épouse pendant plus de cinquante ans. Ces dames sont plus satisfaites par les intacts. Elles relèvent chez eux moins de conclusions prématurées de l’acte. Ils leur apportent davantage d’orgasmes et moins d’irritation.
Les deux premières études expliquent que la présence du prépuce, en permettant la coulisse du fourreau sur la hampe, amortit les frictions contre le vagin, principalement limitées au gland. Les entiers, pour retrouver l’effet d’accordéon érotique du prépuce, n’ont besoin que de petits mouvements. Ils recherchent des effets de sensitivité, dans un acte moins brusque, plus lent, doux et tendre. A l’inverse, les circoncis parviennent à l’orgasme par d’intenses frottements induisant un massage profond du gland. Pour compenser leur perte de sensibilité, ils ont besoin d’une grande amplitude de mouvement. Mais la couronne de leur gland (le prépuce joue le même rôle que les segments d’un moteur à explosion) évacue peu à peu les sécrétions vaginales et la vulve s’irrite. La plus grande sensibilité des intacts est donc contrebalancée par une meilleure lubrification du vagin, ce qui est particulièrement apprécié par nos compagnes âgées. Pour aller jusqu’au bout de la métaphore de Jacques Lacan (cf. appendice IV), si le prépuce est le fourreau de l’épée, il en est aussi l’indispensable garde.
L’amour est une journée ensoleillée, avec feu d’artifice le soir. Sans le prépuce, le feu d’artifice est tiré mais le soleil est bien pâle.
La circoncision n’est plus reconnue comme un moyen de lutte contre l’éjaculation précoce. Le “phimosis” (*) est rare et régresse spontanément : de 9% de cas à 6-7 ans à 2% à 16-17 ans 19. Ensuite, dans la moitié des cas, la plastie ou des incisions longitudinales permettent d’éviter la perte de la précieuse paupière.
2) Les dommages opératoires
a - Une douleur atroce (cf. annexe I)
Les observateurs rapportent que la douleur est extrême et persistante. Elle est pire pour les enfants, plus sensibles que les adultes. La première quinzaine, la cicatrisation et l’absence de protection de la muqueuse sont très pénibles.
Chez les bébés (U.S.A., israélites), l’opération est le plus souvent pratiquée sans anesthésie 20. Cependant, il faut écorcher les muqueuses du prépuce et du gland : dans 95% des cas, elles ne sont pas encore séparées. On taille entre en y forçant un instrument tranchant (ou avec les ongles du mohel). Cette horrible torture, d’une inimaginable cruauté, est comparable à l’arrachage de plusieurs ongles. Il a été observé que seuls les bébés qui sont en état de choc, du fait des préparatifs, ne pleurent pas 21. Les autres hurlent, avant de s’évanouir 11. Une étude 22 a relevé une multiplication par 2,5 du taux de cortisol sanguin (marqueur de la douleur) vingt minutes après l’opération et par 2,6 quarante minutes après. De tels chiffres, joints à celui de l’accélération du rythme cardiaque à 180 pulsations par minute, ne se retrouvent que chez les victimes de tortures 23.
Le rituel israélite interdit l’anesthésie : l’enfant doit souffrir. Elle n’est efficace que si elle est générale, mais alors déconseillée pour les bébés. Dans quelques communautés, les mohels pratiquent encore la succion du sang de l’hémorragie 24 et crachent un peu de vin rouge sur l’enfant, en dépit des risques d’infection. Vu l’état du sexe de l’enfant, il ne s’agit pas précisément d’une caresse buccale.
Le docteur Leboyer 25 recommande la plus grande douceur envers les bébés : jamais de séparation de la mère et de l’enfant, coupure du cordon ombilical après l’arrêt des pulsations (sauf difficulté cardiaque), caresses à satiété, bain dans une cuvette, pas de lumières violentes…
Ces deux attitudes ont de profondes répercussions psychologiques.
b - Un risque élevé de graves accidents
L’opération dégénère parfois en boucherie aux conséquences définitives. De nombreux accidents surviennent : hémorragies, infections, blessures involontaires (2 cas chirurgicaux sur 1 000), et morts (2 déclarées pour un million aux Etats-Unis). Seules les complications majeures sont rapportées (lorsqu’elles le sont) : inconfort, voire douleur dans l’érection et déformation pénienne, provoqués par la perte (heureusement mais péniblement réparable) d’une trop grande partie de la peau, ulcère, nécrose, sténose du méat urinaire et énurésie associée 10, 11, 26. Au total le taux relevé, consternant, serait de 10% 27. Mais, encore une fois, les victimes ne se plaignent pas toujours.
B - Les dommages psychiques : un traumatisme majeur
Le traumatisme psychique généré par la circoncision est le plus grave. Cette violence extravagante est une lamentable forme d’accueil dans la communauté humaine ou “adulte”. La circoncision répète gratuitement les deux inévitables traumatismes antérieurs : l’expulsion de l’enveloppe matricielle et la coupure du cordon ombilical. Pour le nouveau-né traité comme pur objet, c’est une expérience de violence, douleur, terreur, abandon et impuissance, poussés au plus haut degré 28. Ce trauma 21, 28, 29, 30, 31, la perte corporelle et l’implicite menace de castration, particulièrement sévère puisqu’il y a castration partielle, sont extrêmement déstabilisants, à long terme. Ils prédisposent fortement à la culpabilisation, à la névrose et à son envers : la perversion.
La psychose paranoïaque est le principal trait de caractère potentiel du circoncis dans l’enfance. Lu entre les lignes, le chapitre autoanalytique de L’homme parano 32 est la plus incroyable mise en accusation de la circoncision jamais écrite par un psychiatre, lui-même circoncis (cf. chapitre VIII). Les symptômes sont tout d’abord un déni massif de l’existence d’une perte, lié à une détresse émotionnelle rendant extrêmement difficile la nécessaire remise en cause de la norme sociale. Mais le déni ne porte pas seulement sur la perte subie. Il porte aussi sur la culpabilité du circonciseur parental : mère et père. Il se traduit par une âpre et abusive propension à la méfiance et à la revendication, à propos de choses aussi variées que surprenantes. L’autre, soupçonné d’injustice, doit supporter de plein fouet les effets d’une récrimination immodérée mais pleinement justifiée quant à sa cause première enfouie dans l’inconscient. Le moteur de cette protestation est extrêmement puissant : c’est l’alliance des trois grandes pulsions de survie, sentimentale et morale qui réclament, à corps et à cris, autant le droit de ne pas être mutilé que celui de ne pas avoir à mutiler ses propres enfants. C’est surtout l’étranger qui, pris à témoin puisqu’il est indemne, va devenir, à la moindre occasion, la cible privilégiée sur laquelle vont se projeter les accusations à porter contre père et mère. Si l’image parentale reste intacte, les martyrs des mutilations sexuelles se rendent insupportables.
On peut ensuite noter une crainte de la répétition du traumatisme 20 et, paradoxalement (il s’agit d’un clivage), une compulsion à le répéter sur autrui, ses propres enfants notamment 11, 21, 28, 30, 31. Tout se passe comme si les fils devenaient criminels à leur tour pour mieux fermer les yeux sur l’acte de leurs parents.
Il faut ajouter à ce tableau des réactions ultérieures inadaptées en cas d’agression : panique, rage, violence, conduite suicidaire, dissociation 28, 30, 31. Les enfants circoncis sont hypersensibles à la douleur 33.
Les rares circoncis conscients de leur perte éprouvent des sentiments de honte et de colère. La majorité inconsciente est affectée d’un sentiment de supériorité envers les “non-circoncis” et souffre d’une culpabilité inconsciente.
Les pratiques sexuelles déviantes, l’homophilie notamment, sont favorisées par une peur (ou haine) inconsciente des femmes provoquée par la rupture, à la fois brutale et prématurée, du lien mère-enfant 11.
La circoncision à la naissance est particulièrement grave. Le puritanisme anglo-saxon (circoncision dans les trois premiers jours) semble avoir voulu faire de la surenchère sur le judaïsme qui attend le huitième jour. Les effets du trauma sont plus profondément perturbant à cet âge, les victimes, violées dans leur innocence, étant totalement dépourvues de défenses et de possibilité de compréhension 21, 28, 34, 44, 45, voir page 21. L’idée que la circoncision à la naissance ne provoquerait pas d’angoisse de perte de l’amour ou d’angoisse de castration, argumentée par Maïmonide 14, se retrouve jusque chez Anna Freud 35. Mise à part l’hypothèse, aujourd’hui réfutée, selon laquelle les nouveau-nés n’auraient qu’une vie végétative, elle est rigoureusement contradictoire avec l’existence de l’inconscient, qui enregistre tout. Freud a en effet observé 36 que les fantasmes peuvent se produire après-coup, par fixation sur des expériences antérieures.
Quelques-uns, inconscients des réactions émotionnelles, vantent le “calme” post-opératoire chez certaines victimes. Mais les spécialistes du mental 21, 28, 30, 31, 33 parlent d’état de dissociation et de stress post-traumatique : il englobe la dissociation psychologique lors du trauma, le retour ultérieur d’images effrayantes (cauchemars) et l’évitement des situations susceptibles de rappeler le trauma.
Les mères sont écartées du lieu de l’opération. La perturbation, parfois grave, de la relation mère-enfant (allaitement) est systématique : l’enfant retire sa confiance et ne regarde plus sa mère dans les yeux 4.
Les professionnels du mental ont régulièrement affaire aux victimes de la circoncision. Freud la condamne sans appel :
“… l’angoisse de castration est un des moteurs les plus fréquents et les plus forts “du refoulement et par là même, de la formation des névroses. Des analyses de “cas où ce ne fut pas la castration mais bien la circoncision qui fut pratiquée chez “des garçons comme thérapie ou comme punition de l’onanisme (ce qui ne fut pas rare “dans la société anglo-américaine) ont donné la dernière certitude à notre convic-”tion.” 37,
“Lorsque nos enfants entendent parler de la circoncision rituelle, ils se la représentent “comme équivalente à la castration.” 38
II Des avantages prophylactiques minces et discutés, purement potentiels
Sans parler des fantasmes de quelques praticiens du dix-neuvième siècle contre l’autosexualité, les arguments médicaux en faveur de la péritomie sont contestés par un nombre croissant de médecins.
Si elle atténue les risques de certaines infections et maladies, il est aisé de faire parler les statistiques et cet alibi prophylactique ne tient pas 10, 11, 26 : lutter contre les infections est aujourd’hui facile et on n’arrache pas les dents pour éviter d’avoir à les laver ; de surcroît, le pourcentage de victimes de leur malpropreté (cancer par exemple) ou penchant zoophile ou sodomite (SIDA (*)) est très faible. Contrairement à des conclusions hâtives, la circoncision est globalement sans incidence sur les M.S.T. 39, 40 (deux certitudes : ceux qui ne fréquentent pas les prostituées ont plus de chances d’y échapper ; lorsque la cicatrice est fragile, elle est une porte d’entrée pour les infections). La perte du prépuce du grand nombre n’est pas justifiée.
Winberg et ses collègues suédois 41 achèvent de renverser le principal argument des partisans de la circoncision : les infections infantiles par remontée urétrale, bien faciles à soigner, ne se produisent pas lorsque l’intimité du couple mère-enfant est respectée. Les nouveau-nés sont naturellement immunisés contre les colibacilles familiaux. Ces infections n’adviennent que lorsque l’enfant, séparé de sa mère, est exposé à la contagion nosocomiale. La recommandation du docteur Leboyer trouve ici un écho inattendu.
L’argument hygiéniste est le leitmotiv des originaires des pays chauds. Il ne résiste pas au fait que des ethnies de circoncis et d’intacts vivent souvent côte à côte (Hutus et Tutsis, Africains du Sud). Si les intacts se portaient plus mal, cela se saurait. Cet argument est d’autant plus dangereux qu’il paraît s’appuyer sur un savoir empirique millénaire, ce qui parvient à impressionner quelques occidentaux. Ce n’est qu’un mythe. Parmi les médecins militaires, seuls y ont cru, à la différence de leurs collègues allemands, français, japonais 42et vietnamiens, ceux des pays anglo-saxons, influencés par le puritanisme. Il faut chercher ailleurs les vraies raisons de l’existence de la circoncision.
Conclusion
La posthectomie a été imposée dans les pays anglo-saxons, au cours du troisième quart du dix-neuvième siècle et de la première moitié du vingtième, par le biais de quatre grossiers présupposés : l’autosexualité est nuisible, le prépuce est inutile, le prépuce est sale, le nourrisson est insensible à la douleur.
La démonstration du caractère fantaisiste de ces assertions et les arguments précédents font peser le soupçon sur les membres du corps médical qui tirent de substantiels bénéfices de l’opération (*) et de la récupération des prépuces pour l’industrie de la plastie de la peau. D’honorables médecins, se confortant de statistiques superficiellement interprétées, semblent incapables d’opposer l’autorité de la science à des dogmes pesants et erratiques. Cependant, les grandes associations américaines, australiennes et canadiennes de pédiatres et d’obstétriciens ont pris position contre la circoncision de routine des nouveau-nés. L’Académie américaine de pédiatrie a déclaré en 1971 :
Il n’y a pas d’indications médicales valides à la circoncision dans la période néona-”tale. 43,
pour prendre une position ambiguë en 1999, et sans citer dans sa bibliographie la suggestion de Winberg (*)
Dernièrement (juillet 2000), l’American medical association a pris de timides distances en adoptant la position de fond de l’A.A.P. et en recommandant à ses membres recyclage et information préalable des familles.
Le docteur Preston 26 remarque que les arguments médicaux en faveur de cette intervention de dernier recours ne concernent pas l’acquisition d’un bénéfice, mais l’évitement d’un très mince danger, réductible par simple hygiène. Circoncire est une attitude frileuse et rigide, l’expression d’un désir névrotique : réduire, punir et interdire le plaisir sexuel. Ce n’est pas le prépuce qu’il faut traiter, mais la compulsion castratrice, sans être désintéressée pour autant. Elle a conduit aux épidémies de tonsillectomies (amygdales), adénoïdectomies (végétations), etc. Il n’est pas indifférent que ces opérations aient été systématiquement exercées sur des enfants. On peut penser que, derrière le souci de prévenir les pharyngites, des notables à l’esprit éducationnel répressif ont inconsciemment trouvé de monstrueuses méthodes pour soumettre des enfants, rebelles par définition.
La pratique quasi-systématique de l’épisiotomie dans les maternités françaises (à la différence de l’Angleterre où on en est bien revenu) dans le but de limiter les déchirures du périnée, paraît aboutir, pour le grand nombre, à l’effet inverse 44. Nous serions en présence d’une mutilation sexuelle iatrogène.
Code de déontologie médicale :
Article 41 : Aucune intervention mutilante ne peut être pratiquée sans motif médical “très sérieux et, sauf urgence ou impossibilité, sans information de l’intéressé et sans “son consentement.
Article 43 : Le médecin doit être le défenseur de l’enfant lorsqu’il estime que l’intérêt de sa santé est mal compris ou mal préservé par son entourage.
Les médecins ont le devoir absolu de refuser la circoncision pour motif rituel ou cosmétique. Selon la jurisprudence, en tant qu’atteinte à l’intégrité physique, la circoncision (et son anesthésie) par les non médecins relève de l’exercice illégal de la médecine. Soucieux de ses prérogatives, le Conseil national de l’ordre des médecins a obtenu du gouvernement la passation du décret du 6 janvier 1962 qui énumère un certain nombre d’actes réservés au corps médical. L’épilation à la cire en fait partie mais pas la circoncision ! Comment ne pas voir là l’influence du puissant lobby israélite ?
Les minces et discutables avantages prophylactiques de la circoncision ne font pas le poids au regard de la perte érogène et des risques élevés de l’opération. Les enfants ne doivent pas être circoncis par respect pour leur droit à l’intégrité physique. Les adultes raisonnables choisiront de garder leur prépuce. Les autres, pour d’évidentes raisons déontologiques, ne trouveront pas de médecin pour les amputer.
Les mutilations sexuelles dénaturent les sexes et ravagent l’esprit. Ces traditionnelles ordalies sont des tortures d’autant plus monstrueuses qu’elles visent de jeunes enfants. Le témoignage du docteur Bruno Bettelheim est éloquent :
Dans la société occidentale, la circoncision est imposée à l’enfant sans défense auquel “elle n’offre aucun avantage déterminé et pour qui elle est, en conséquence, indésirable et menaçante… 45,
celui du docteur Frédérick Leboyer ne l’est pas moins ; il affirme que la circoncision, dans ses conséquences psychologiques, est pire encore que l’excision:
Oui, tout ce qui est fait pour stopper la terrible pratique de la circoncision sera d’une importance formidable.
Il n’y a aucun motif rationnel, médical, pour la fonder.
Elle ne se fait que par habitude sans que personne soit conscient du pourquoi.
Et, bien pire, sans que personne soit conscient des implications profondes et du résultat pour toute la vie. Une fois que nous nous rappelons que tout ce qui se passe dans les premiers jours de la vie, sur le plan émotionnel, modèle toutes les réactions futures, nous ne pouvons que nous demander pourquoi une telle torture a été infligée à l’enfant. Comment un être qui a été agressé de cette façon, alors qu’il était totalement sans défenses, pourrait-il se développer en une personne calme, aimante, confiante ? En effet, il ne sera jamais capable de faire confiance à personne dans la vie, il sera toujours sur la défensive, incapable de s’ouvrir aux autres et à la vie.
Il y a eu, récemment, une grande étude, internationale, menée par l’Organisation mondiale de la santé, concernant ce qui arrive, en Afrique, aux jeunes femmes à l’âge de la puberté. L’opinion publique fut atterrée et révoltée de découvrir les tortures et mutilations (ablation du clitoris et le reste) infligées. La pratique de la circoncision est exactement de la même nature et du même niveau.
Et nous nous disons “rationnels et développés” !
Au moins ces jeunes femmes sont conscientes et on leur dit que c’est une sorte d’épreuve, un acte de courage. Quoique, en fait, il s’agit de les rendre soumises aux hommes et de s’assurer qu’elles ne mettront jamais en question le pouvoir de l’homme.
Mais il n’y a pas, chez le nouveau-né, une telle conscience. La torture est subie dans un état d’impuissance totale qui la rend encore plus effrayante et insupportable.
Oui, il est grand temps qu’une pratique aussi barbare prenne fin.
Et le travail que vous faites est d’une immense valeur 46.
Georges Wald, bien que juif, abonde dans notre propos :
“Car c’est une barbarie d’accueillir un nouveau-né au couteau, par une mutilation délibérée. Et la partie supprimée n’est pas négligeable ; elle a des fonctions claires et valables à accomplir. Ne pas circoncire un garçon ne lui épargnera pas seulement une brutale violence à l’entrée de la vie, cela lui promettra une existence plus riche. Et cela non seulement parce que la possession d’un prépuce augmentera sa sensitivité génitale et rendra possible une activité sexuelle plus satisfaisante et agréable, mais aussi à cause de la considération… que le prépuce est l’élément femelle du mâle.” (*)
Seuls un conservatisme accablant, l’esprit de domination le plus cruel, l’habitude, l’ignorance et la croyance aveugles peuvent freiner l’abolition de la circoncision rituelle. En ce qui concerne la médecine, sans même considérer les droits de l’homme et de l’enfant sur la mini-vulve portable qui donne une certaine assurance de fidélité aux couples séparés, une manne aux célibataires et une consolation aux veufs, l’exérèse du prépuce est risquée pour le chirurgien, désolante pour le sexologue, catastrophique pour le psychiatre ; ceux qui ont encore des doutes doivent s’abstenir.
La circoncision fut abandonnée en 1950 par la médecine anglaise, du jour au lendemain et sans polémique, à la suite de l’article du docteur Gairdner (1) faisant état de l’utilité du prépuce, de la lenteur de son développement et de la mortalité élevée de l’opération (16 morts par an de 1942 à 1947).
1 The fate of the foreskin. British medical journal, 1949 ; (2) : 1433-37.
2 Circumcision (inédit). 1975. Harvard university library (archives).
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3 Taylor J., Lockwood A., Taylor A. The prepuce: specialized mucosa of the penis and its loss to circumcision. BJU 1996 ; 77 : 291-295. cirp.org/library/anatomy/taylor
4 Fleiss P. The case against circumcision. Mothering Winter 1997 : 36-45.
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5 Cold C., McGrath K. Anatomy and histology of the penile and clitoral prepuce in primates. An evolutionary perspective of the specialised sensory tissue of the external genitalia in: Male and female circumcision. Denniston G., Hodges F., Milos M. eds. Kluwer Academic/Plenum Publishers, New York ; 1999. cirp.org/library/cold-mcgrath
6 Halata Z., Munger B. The neuroanatomical basis for the protopathic sensibility of the specialised sensory tissue of the human glans penis. Brain research 1986 ; 371 (2) : 205-320.
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7 Winkelmann R. The erogenous zones: their nerve supply and significance. Mayo clin proc 1959 ; 34 (2) : 39-47. cirp.org/library/anatomy/winkelmann
8 Fleiss P., Hodges F., Van Howe R. Immunological functions of the human prepuce. Sexually transmitted infections 1998 ; 74 : 364-67. cirp.org/library/disease/STD/fleiss3
9 Bazett H., McGlone B., Williams R., Lufkin H. Depth, distribution and probable identification in the prepuce of sensory end-organs concerned in sensations of temperature and touch ; thermometric conductivity. Archives of neurology and psychiatry 1932 ; 27 (3) : 489-517.
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10 Leitch I. Circumcision - a continuing enigma. Australian paediatric journal 1970 ; 6 : 59-65. cirp.org/library/general/leitch1
11 Foley J. The unkindest cut of all. Fact magazine 1966 ; 3 (4) : 2-9.
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12 National organization of circumcision information resource centers. Men scarred by circumcision. San Anselmo : 2000. cirp.org/news/nocirc12-7-00
13 Fink K., Carson C., DeVellis R. Adult circumcision outcomes study: effect on erectile function, penile sensitivity, sexual activity and satisfaction. J urol 2002 ; 167 (5) : 2113-2116.
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14 Le guide des égarés. 1190. Paris : Verdier. p. 606.
15 Midrash rabbah. Genèse, LXXX : 11.
16 O’Hara J., O’Hara K. The effect of male circumcision on the sexual enjoyment of the female partner. BJU International 1999 ; 83 (suppl. 1) : 79-84.
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18 Hughes G. Circumcision : another look. Ohio medicine 1990 ; 86 (2) : 92.
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(*) Louis XVI ne souffrait pas d’un phimosis, mais d’une brièveté du frein ; en dépit des rumeurs, il n’a pas été circoncis.
19 Øster J. Further fate of the foreskin. Arch dis child 1968 ; 43 : 200-203.
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20 Chamberlain D. Babies don’t feel pain : a century of denial in medicine.
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21 Goldman R. The psychological impact of circumcision. BJU International 1999 ; 83 (suppl. 1) : 93-103. cirp.org/library/psych/goldman1
22 Talbert L., Kraybill E., Potter H. Adrenal cortical response to circumcision in the neonate. Obstetrics and gynaecology 1976 ; 46 (2) : 208-10. cirp.org/library/pain/talbert
23 Fleiss P. Letter. Lancet 1995 ; 345 : 927. cirp.org/library/pain/fleiss
24 Encyclopaedia Judaïca. Jerusalem : Keter publishing house limited ; 1972. t. V, p. 571.
25 Birth without violence. Rochester : Inner traditions limited ; 1995. (Paris : Seuil ;1974).
26 Preston E. Wither the foreskin. JAMA 1970 ; 213 (11) : 1853-58.
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27 National organization to halt abuse and routine mutilation of males. Estimated world-wide incidence of male circumcision complications. San Francisco : noharmm.org/inciden-ceworld.htm ; 1994.
28 Rhinehart J. Neonatal circumcision reconsidered. Transactional analysis journal 1999 ; 29 (3) : 215-21. cirp.org/libr/psych/rhinehart1
29 Glover E. The “screening” function of traumatic memories. International journal of psychoanalysis 1929 ; X : 90-93. cirp.org/library/psych/glover
30 Boyle J., Goldman R., Svoboda J., Fernandez E. Male circumcision : pain, trauma and psychosexual sequelae. J health psychology 2002 ; 7 (3) : 329-43.
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32 Olievenstein C. Paris : Odile Jacob ; 1992. p. 31.
33 Taddio A., Katz J., Ilersich A., Koren G. Effects of neonatal circumcision on pain response during subsequent routine vaccination. Lancet 1977 ; 349 (9052) : 599-603.
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34 Green A. Dimensions of psychological trauma in abused children. Journal of American association of child psychiatry 1983 ; 22 : 213-37. Quoted by Goldman (21).
35 Freud A. The role of body illness in the mental life of children. Psychoanalytic study of the child 1952 ; VII : 69-81.
36 Extrait de l’histoire d’une névrose infantile. 1918. Paris : PUF, O.C. ; 1988. t. XI, p. 56.
37 Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse. 1933. Paris : PUF, O.C. ; 1995. t. XIX, p. 170.
38 Totem et tabou. 1912. Paris : PUF, O.C. ; 1998. t. XI, p. 373, n. 1.
(*) Le singe est porteur endémique du virus du SIDA. La répugnance - et pour cause - des circoncis à l’utilisation du préservatif 27 expliquerait l’importance de l’épidémie aux Etats-Unis et en Afrique. La circoncision n’a pas protégé du SIDA les USA qui sont le pays développé où l’épidémie a fait le plus de ravages.
39 Van Howe R. Does circumcision influence sexually transmitted diseases ? BJU International 1999 ; 83 (suppl. 1) : 56-62. cirp.org/library/disease/STD/vanhowe6
40 Dave S., Johnson A., Fenton K., et al. Male circumcision in Britain : findings from a national probability sample survey. Sex trans infect 2003 ; 79 : 499-500.
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41 Winberg J., Bollgren I., Gothefors L., Herthelius M., Tullus K. The prepuce : a mistake of nature ? Lancet 1989 ; 1 : 589-96. cirp.org/library/disease/UTI/winberg-bollgren
42 Wallerstein E. Circumcision : the uniquely American medical enigma. Urol clin North Am 1985 ;12 (1) :123-132.
(*) Aux USA, où le chiffre d’affaires annuel de la circoncision est de 400 millions de dollars, une circoncision coûte de 300 à 1 500 dollars. En France, à l’hôpital, on ne pratique la circoncision que pour raison médicale.
43American academy of pediatrics. Committee on foetus and newborn. Hospital recommendations for hospital care of newborn infants. 5th. ed. Evanston : American academy of pediatrics. 1971. 110. cirp.org/library/statements/aap#1971
(*) Sigismond. Letter to the editor. BJU International 2003 ; 91 (4) : 429.
44 Jakobi P. Are you happy with the epi(siotomy)? Isr med assoc J 2003 ; 5 (8) : 581-4.
ima.org.il/imaj/ar03aug-11.pdf
45 Les blessures symboliques. Paris : Gallimard ; 1971. p. 90-91.
46 Lettre du 4 juin 1980 à Rosemary Romberg-Weiner, traduite par Sigismond.
Sexuallymutilatedchild.org/leboyer.htm
05/08/06 à 09:03
Voilà une charge plus qu’argumentée contre la circoncision, Eric !!
Peut-on connaitre l’auteur de cet article et dans quel cadre il a été écrit ?
(il aurait été mieux de proposer un résumé et de fournir un lien pour ceux souhaitant appronfondir la question car c’est très long pour un commentaire ici).
Reste à mettre en face l’argumentaire des pro-circoncision et à chacun de se faire son opinion.
La mienne est faite, depuis longtemps.
18/08/06 à 18:43
Tres drole de vous entendre sur la circoncision, vos argumentations sont selon moi basée sur des considerations ideologiques les uns pour et les autres contre. C’est beau tout ça, ça fait debattre. Mais au delà de tout ça revenons aux fondamentaux et soyons objectifs un minimum et ces quelques questions vont sans doute vous aiguiller:
- Pourquoi y a t’il toujours autant de circoncision?
- Pourquoi vous n’interrogez pas ceux qui ont été circoncisés quand ils ont été jeunes?
- pourquoi les circoncisés ne se plaignent jamais de traumatisme (physiques ou psychlogiques? si vous en connaissez faites les temoigner.
- Pourquoi c’est ceux qui ne sont pas circoncisés qui pretendent savoir quelles sont les sensations que ressentent les circoncisés au moment de l’acte sexuel? le plus juste serait peut etre de demander leur avis aux interessés. n’es ce pas plus logique?
- Demander aux femmes aussi leur avis sur les sensations ressenties. $
Pour conclure le plus simple serait de faire intervenir les interessés ce qui ontr été circoncis et après on pourra debattre des traumatismes eventuels suggerés par les uns et les autres. Après on pourra debattre sereinement en ayant toutes les données en main. Simple bon sens
04/09/06 à 15:39
Je suis circoncit, outre les avantages sanitaires que cela procure, je trouve cela vraiment plus esthetique…et bcp de femme surtout les francaises que je pu cotoyé son du meme avis…c’est egalment bcp plus facile d’enfiler un preservatif pas besoin de batailler pour faire rentrer l’exidant de peau a l’interieur…mes enfants le seront aussi et je ne considere pas ca du tout comme une mutilation…contraire a ce qu’a pu dire quelqu’un
11/09/06 à 10:04
je pense me faire circoncire bientot , pour des motifs hygiéniques et intimes .mon épouse m’a convaincu après de longues années de discussions.
11/09/06 à 23:44
#50
Merci pour toutes ces précisions.
#51
N’hésitez pas à revenir ici pour nous donner vos impression après l’opération. Votre témoignage sera très forcément très pertinent (sans vouloir faire du Jean-Luc Delarue….)
17/12/06 à 00:41
j’en profite pour revenir sur ce sujet, je précise que je ne suis ni pro ni contre, chacun fait ce qu’il veut pour les raisons qu’il veut.
une nouvelle etude confirme les observations faites par le groupe francais que Jerome indique plus haut.
La circoncision reduit de 50% le risque d’infection par le VIH. On peut faire abstraction des facteurs religieux et autres puisque les individus ont été circoncis pour l’etude.
quelques liens:
le communique de presse du NIH:
http://www3.niaid.nih.gov/news/newsreleases/2006/AMC12_06press.htm
Un article en francais:
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/sciences/sante/20061214.OBS2962/vih_la_circoncision_reduit_le_risque_dinfection.html
une hypothese pour expliquer scientifiquement le risque reduit,
le prepuce cree un environnement favorable (chaleur, humidite) a la replication des pathogenes sexuellement transmissibles, ensuite le prepuce subi plus de “microabrasions” qui sont autant de portes d’entrees pour les pathogenes.
Et il y a aussi la nature des cellules qui constitue la muqueuse du prepuce, on y trouve en plus grandes quantites des cellules du systeme immunitaire (lymphocytes, cellules de langerhans…) qui sont les cibles du VIH.
En outre, ce milieu etant plus favorable aux infections, ca a pour consequence d’attirer des cellules du systeme immunitaire et de creer donc un environnement plus favorable a l’infection par le VIH. La circoncision diminuerait considerablement le nombre de ces cellules et cree donc un environnement moins propice aux infections.
17/12/06 à 16:24
Oui c’est interessant comme article.
Je me demande juste comment mettre cela en pratique en Afrique sub saharienne.
Si le risque de chopper le VIH est effectivement reduit, les risques associes a l’operation sont reels que ce soit a cause de l’utilisation de materiel non sterilise (ce serait un comble que des personnes non infectees le soient car operees avec du materiel contamine, sans oublier toutes les maladies infectieuses plus traditionnelles) du personnel medical pas ou peu qualifie (courant en Afrique, d’ou la necessite de supporter financierement l’installation de cliniques et de personnels medicaux la-bas) et aussi rappeller que l’operation diminue simplement les risques mais ne protege pas contre une eventuelle contamination.
17/12/06 à 16:40
ouais, cela va en effet etre un probleme.
L’OMS a indique qu’elle allait inclure la circoncision dans ses recommandation pour la lutte contre la propagation du virus en Afrique, elle a egalement fait part de ces memes reserves (environnement dans lequel l’operation est effectuee et la sentiment faux que l’on puisse etre protege contre une contamination).
27/12/06 à 18:50
100 000 garçons circoncis chaque année en France !
Voir le site de l’Association contre la Mutilation des Enfants :
http://www.enfant.org
10/01/07 à 16:17
C pour dire que un homme circoncier c plus hygenique pur et plus bo moi meme circoncier et c le